George Sand, ou Le scandale de la liberté, par Jospeh Barry

images1.jpeg « Il fallut du temps à Aurore pour se créer. Mais George Sand fut son chef d’oeuvre »

Tout le monde n’a pas le talent de biographe de Stefan Zweig. Voilà une entrée en matière un peu dure, mais après avoir savouré les bios de Balzac et de Marie-Antoinette (billet à venir), force est de constater que le plaisir de lecture n’était pas toujours au rendez-vous avec celle de George Sand.

Le sujet est pourtant passionnant… une femme si peu conventionnelle, déjà avant-gardiste à son époque et qui l’est encore largement au XXIe siècle. Adepte de l’amour libre, toujours bien entourée, claire-voyante et combative… Une personnalité follement riche, qui réunit en un tout ce triptyque improbable de l’être à la fois maternel, sensuel et intellectuel. Bigre. II est évidemment impossible de résumer sa vie en quelques lignes…  il est essentiellement des constantes – l’amour, l’amitié, Nohant – mais toujours vécues avec passion. Bref, le sujet est admirable, mais je ne peux pas en dire autant de son traitement.

Certes, le biographe a fait un travail quantitativement remarquable. Le texte est d’abord factuel, documenté à l’extrême, mais n’est pas non plus avare d’analyses. Le sujet est hors-norme et l’auteur a su le mettre en évidence. Et le lecteur n’est jamais perdu : il est de nombreuses précisions chronologiques et contextuelles qui donnent de la hauteur à la lecture. Autre point remarquable : Joseph Barry donne à voir l’influence des écrits de George Sand sur ses contemporains ou sur les générations suivantes, mais aussi un aperçu du milieu intellectuel de l’époque, puisque l’on croise Musset et Chopin bien sûr, mais aussi Balzac, Flaubert, Mérimée, Litz…  une formidable chronique du Paris des artistes au XIXe apparaît en filigranes.

Mais le biographe semble avoir eu davantage le souci de l’exhaustivité que celui de la synthèse. Et tout ça au détriment de l’essentiel, souvent noyé au milieu d’événements sans grand intérêt. Jospeh Barry donne parfois l’impression de suivre ses trouvailles, dans la correspondance de l’écrivain ou dans les écrits de ceux qui l’ont connu, sans se soucier de leur pertinence. Il faut dire qu’il est beaucoup de romances dans la vie de George Sand, et que je finissais par me lasser d’une énième lettre de rupture qui ressemblaient à s’y méprendre aux précédentes… Les amateurs du genre épistolaire apprécieront certainement davantage.

Il reste tout de même une belle mise en valeur de l’écrivain, dans son quotidien et dans sa postérité, dans ses faiblesses – Jospeh Barry n’est pas toujours tendre avec George Sand, notamment dans ses rapports avec sa fille – mais surtout dans ce qui fait sa force et sa particularité.

« George Sand comprenait clairement que la grande illusion romantique était « la grande passion », avec le déclin qui s’ensuivait de l’amitié entre les hommes et les femmes, de la tendresse et du respect. Si bien que les femmes qui voulaient s’élever au dessus de l’idée qu’on se faisait d’elles – la mère-épouse ou la prostituée-maîtresse – se comportaient en homme. Autrement dit, elles-mêmes se percevaient et se comportaient comme le faisait les hommes de leur époque pour parvenir à la seule égalité et accomplissement de soi alors possible« .

Les quelques longueurs n’ont tout de même pas gâché ma lecture. De quoi découvrir en profondeur cette écrivaine qui m’a paru fondamentalement humaniste avant d’être féministe ou romantique. Une personnalité incomparable pour une lecture vraiment enrichissante !

Lu dans le cadre du Challenge George Sand, organisé par George Sand !

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Bonne plock à tous !

George Sand, ou Le scandale de la liberté (Infamous Woman – The life of George Sand), par Jospeh Barry (1977), traduit de l’anglais (américain) par Marie-France de Paloméra, aux éditions Points (1982), 511 p., ISBN 2-02-006733-1. 

La challengitude a encore frappé !

Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait le point sur les challenges auxquels je participe… Face à ma dispersion pathologique, le plus sûr était de créer une page récapitulative des challenges, accompagnée d’une présentation des nouveaux challenges auxquels j’ai adhéré.

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D’abord, le défi Littérature policière des cinq continents organisé par Catherine pour la deuxième année (un blog est même consacré au challenge). Comme son nom l’indique, il consiste à lire des romans policiers signés par un auteur de chaque continent… mon voyage passera donc par l’Afrique du Sud (Les soldats de l’aube, par Deon Meyer), la Nouvelle-Zélande (L’assassin aux fleurs, par Ngaio Marsh), le Japon (Le lézard noir, d’Edogawa Ranpo), les Etats-Unis (Wonderland Avenue, par Michael Connelly) et la Suède (Gentlemen, de Klas Ostergren).

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Ensuite, le Challenge Oates organisé par George (qui a déjà fait un premier bilan). Très peu de contraintes, il suffit de lire au moins un titre signé par Joyce Carol Oates. L’objectif étant de balayer l’ensemble de sa bibliographie entre tous les participants, soit… 57 livres. J’ai opté pour Délicieuses pourritures, court roman qui m’a laissé sans voix. Challenge sans contrainte, mais très addictif, puisque trois titres d’Oates m’attendent encore a minima : Sexy, Amour noir et Premier Amour.

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Il y a également le Challenge Edith Wharton organisé par Plaisirs à cultiver (ou plus exactement « The Edith Wharton’s Challenge », avé l’accent it’s great). Il s’agit de lire trois romans de l’écrivaine. A ce jour, la lecture des New-Yorkaises et d’Eté (grâce à Cécile QD9 qui en fait un livre voyageur) est programmée, le dernier titre est encore en cours de réflexion. Tous les conseils et les billets déjà rédigés me seront utiles !

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Enfin, le Challenge George Sand, organisé par… George Sand évidemment, pour célébrer l’anniversaire de son blog. Plusieurs niveaux de lecture possibles, avec un minimum de 3 romans de la romancière, que l’on peut accompagner d’autobiographies, de biographies ou de romans inspirés par George Sand pour franchir les étapes. Je fais les choses à l’envers, puisque je commence par sa biographie signée Joseph Barry, George Sand ou Le scandale de la liberté, avant de décider des autres titres.

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Evidemment, impossible de ne pas rappeler ici le Challenge On veut de l’héroïne ! organisé par Emma et ici-même. Il suffit de mettre en avant les atouts d’une héroïne (ou de l’héroïne) par rapport à Bella-la-fadasse, et plus largement aux personnages féminins gnan-gnan de la littérature, tous genres confondus. En dépit de notre tardiveté à publier une bibliographie indicative (impossible d’être exhaustif sur ce sujet et tant mieux !), nombreux sont ceux qui ont déjà flagellé tant et bien les mijaurées ! Yeah. Au passage, des livres voyageurs sur le thème chez Cécile QD9 et le billet récapitulatif chez Emma.

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Que des challenges sympas, vous en conviendrez… alors pourquoi ne pas vous inscrire aussi ? La challengitude est contagieuse, et tant mieux ! 

L’ensemble des challenges et des titres choisis sur la page récapitulative.

Bonne plock à tous !

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