Sukkwan Island, par David Vann

  En haut de la pile « C’était un père étrange qu’il voyait sur cette île »

Jim va concrétiser un projet assez fou : vivre « à la dure » le temps d’une année avec Roy, son fils de treize ans, dans une cabane isolée. Les voilà donc partis pour une île sauvage et coupée du monde, au Sud de l’Alaska. L’essentiel est à la survie, notamment pour préparer l’hiver à venir. Mais l’inconscience de Jim devient rapidement évidente. Père immature, aventurier incompétent, dépassé par les événements, il commence à montrer des signes de fatigue nerveuse pour le moins inquiétants. 

Nombreux sont ceux à avoir aimé Sukkwan Island ; et je suis désormais de ceux-là !

J’ai aimé Sukkwan Island pour le cadre – les grands espaces, la nature sauvage, le grand Nord – et le réalisme du récit (pour partie autobiographique) : la fraîcheur des nuits, l’odeur du feu et du poisson fumé, le bruit des pas dans la neige… saisissant.

J’ai aimé Sukkwan Island pour le point de vue adopté par David Vann, à la fois intime et distant, et l’écriture directe, « parlée », sèche qui en découle. J’ai aimé Sukkwan Island pour l’audace des thèmes abordés – comme la perte des repères, le poids du passé ou la confiance en l’autre – et pour les variations de rythme et d’intensité dans le récit.

Mais j’ai surtout aimé Sukkwan Island pour la forte tension psychologique qui se dégage de ce huis-clos à ciel ouvert. Les personnages sont acculés, poussés à bout. Jusqu’à cette fameuse page 113, assez effroyable, qui fait basculer le récit. J’avais beau savoir que cette page était redoutable, la surprise n’en a pas été moins grande… Ensuite, impossible de reposer le livre, je l’ai lu au final d’une traite dans la soirée, sans répit. Une lecture forte, incontestablement !

« Réfléchissons, fit-il. On a creusé un trou. On a un grand trou là, maintenant. Il faut qu’on y stocke de la nourriture Il nous faut quelque chose comme une espèce de cabane, je pense, avec une porte qui nous permette d’entrer mais qui maintienne les ours dehors. La porte pourrait être sur le dessus, ou sur un côté avec un passage qui nous laisse un accès. Je suis en train de me dire que la porte devrait plutôt être sur le dessus, qu’on devrait la couler et l’enterrer. Qu’est-ce que tu en penses ?

Son père levait les yeux sur lui. Roy se disait : Tu ne t’es pas arrangé. Rien ne s’est arrangé. Tu pourrais aussi bien décider de t’enterrer ici, ou je ne sais quoi. Mais il répondit plutôt : Comment est-ce qu’on accède à la nourriture ?«  

Très heureuse d’avoir reçu ce livre-voyageur proposé par Caro[line], également passé chez **Fleur**, et qui a déjà poursuivit sa route chez Ingannmic, Géraldine … sans oublier les nombreux avis recensés par BOB !

Bonne plock à tous !

Sukkwan Island, par David Vann (2008), traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski, aux éditions Gallmeister (2010), 192 p., ISBN 978-2-35178-030-5.



Le testament des siècles, par Henri Loevenbruck

photo0320.jpg« Je n’étais qu’un prétexte de plus pour les féministes du monde entier«  

Damien Louvel s’est expatrié à New York où il vit le rêve américain, jusqu’à ce que la mort brutale de son père, avec qui il est en froid depuis des années, ne le contraigne à rentrer en France. Ce qu’il découvre alors ne va cesser de le surprendre. Ce père qu’il a connu si cartésien, si parisien, si prévisible a vendu sa collection de livres anciens pour s’acheter une maison en Provence, maison dans laquelle il a entassé des choses bien étranges… et maison dans laquelle Damien se fait agresser dès sa première visite. Aidé de Sophie, il poursuit bon gré mal gré les recherches de son père, sur les traces d’Albrecht Dürer et du « vrai » message de Jésus.     

Les thrillers ésotériques, c’est ma lecture facile par excellence, mon pêché mignon, ma chick-lit à moi. Et – ne riez pas – mais n’ayant reçu aucune instruction religieuse, j’ai appris par ces lectures un tas de truc sur la vie de Jésus, Pierre, Paul, Jacques, les Templiers et  l’Opus Dei. Re-belote avec Le Testament des siècles, qui répond agréablement à tous les codes du genre.

Évidemment, Damien va rencontrer une belle nana pour l’aider dans ses recherches. Mais ce personnage féminin n’est pas un simple faire-valoir, loin de là ! Débrouillarde, courageuse, intelligente – du moins autant que lui est couard, hésitant, empoté – et comme son orientation sexuelle n’est pas clairement tournée vers les garçons, ces deux-là forment  en définitive un couple bien sympatoche.

Gros point fort : l’aspect thriller est traité à la perfection. C’est bourré d’action, de courses poursuites, de rebondissements. Le rythme est rapide et la traque bien construite. Un livre qui se dévore très facilement, j’avais du mal à le lâcher et hâte de m’y replonger. Et le dénouement est vraiment bon.

Point plus discutable : l’aspect ésotérique est quasiment absent pendant la première moitié du livre. Et quand il investit enfin le récit, c’est trop en force. Il est alors des pages entières consacrées à des explications historico-mystiques… j’ai regretté qu’elles ne soient pas distillées de manière plus subtile tout au long de l’intrigue. Davantage de nuance n’aurait pas été de refus.

Mais Le Testament des siècles reste une lecture qui fleure bon les vacances, et que j’ai  vraiment apprécié dans la mesure où j’y mettais peu d’attentes. Alors oui, ce n’est qu’un thriller ésotérique, mais c’est un « bon » dans ce genre. Un mélange de Da Vinci code (en bien mieux écrit – et d’ailleurs écrit antérieurement !) et de Millenium (pour le hacking (?) et le personnage féminin qui écrase tous les autres) plutôt réussi.

Ravie d’avoir gagné ce livre lors du festival Quais du polar ! L’avis de Kikine qui avait brillamment gagné l’exemplaire mis en jeu et avec qui j’ai fait cette lecture commune très sympathique !

9782290001516.gif (L’édition vendue dans le commerce !)

Bonne plock à tous !

Le testament des siècles, par Henri Loevenbruck (2003), aux éditions J’ai Lu, 381 p., ISBN 978-2-277-00458-5.



La PAL enfin à jour !

La canicule va bien finir par avoir raison de mon cerveau… j’ai mis presque deux jours à mettre ma PAL à jour, alors je ne boude pas mon plaisir de la montrer ! Et ce n’est pas le fait que je ne parviens pas à transférer les photos sur mon disque qui va m’arrêter !

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La PAL mise à jour

De belles lectures en perspective cet été… sans oublier les livres-voyageurs :

 

evangelisti.jpeg Merci Mango ! joursdecolre.jpeg Merci Clara ! zweig.jpeg Merci Kikine !

Bonne plock à tous !



Sur la route – Le rouleau original, par Jack Kerouac

53b7f324dff871109a3f7e08b41bb26d300x300.gif« Ma garce de vie s’est mise à danser devant mes yeux, et j’ai compris que quoi qu’on fasse, au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie« .

Ce n’était pas au programme, mais je n’y tiens plus, j’ai envie, j’ai besoin de parler de cette lecture incroyable que je viens de terminer. Cela fait une semaine que je suis plongée dans ce « truc de dingue », il n’y a pas d’autres mots. D’ailleurs, avant d’être une histoire folle, ce livre a une histoire folle, parfaitement expliquée par le quatrième de couverture – à lire, une fois n’est pas coutume, absolument :

« Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. Neal, c’est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route… ». Neal Cassidy, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphante, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs, autres compagnons d’équipées qui apparaissent ici sous leurs vrais noms. La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l’auteur a crépité son texte sans s’arrêter, page unique, paragraphe unique. Aujourd’hui, voici que l’on peut lire ces chants de l’innocence et de l’expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd’hui on peut entendre dans ses pulsations d’origine le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phase de sax ténor dans le noir. Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l’éphémère.

« Quand tout le monde sera mort, a écrit Ginsberg, le roman sera publié dans toute sa folie ». Dont acte« .

Tout est dit, sauf peut-être le plus important : attention, chef d’oeuvre. Livre clé de la culture américaine underground, Sur la route – Le rouleau original est un hymne à la liberté, à l’aventure, à la vie. Jack Kerouac nous embarque pour un road-movie psychédélique et vertigineux. Avec Neal et d’autres, ils vont traverser l’Amérique une fois (1947), deux fois (1949), trois fois (1951), de New York à San Francisco, en passant par Denver, Los Angeles, le Texas, le Mexique, les hôtels sordides et les trips les plus fous.

Parler de ce livre, c’est aussi parler de son histoire. Sur la route a eu plusieurs vie. Écrit d’une traite, d’un jet, il fut ensuite retouchée et c’est la version remaniée qui a été éditée et vendue pendant des années. Jusqu’à ce que le rouleau original nous soit restitué, le chapitre – que dis-je, le paragraphe – unique nous soit rendu, les passages les plus indécents révélés et les protagonistes enfin nommés. 

Pourquoi un tel traficotage – avec l’accord de Kerouac lui-même ? Parce que Allen Ginsberg et William Burroughs sont devenus à leurs tours des écrivains célèbres ? Parce que certains ont pu considérer que ce livre faisait l’apologie du sexe libre et des drogues, même les plus dures ? Parce que ce texte sous sa forme originelle, sans la moindre mise en page, a pu sembler imbitable de prime abord ? 

Après tout, peu importe : enfin, nous pouvons lire Kerouac, nous pouvons lire du Kerouac, son écriture authentique, spontanée, cette « littérature de l’instant » vicieuse et enivrante, sauvage et démesurée. Quand la pierre brute devient pierre précieuse. Ce n’est même plus un coup de coeur, c’est un coup au coeur, un coup à l’estomac, un coup de génie. Inoubliable.

Sur la route – Le rouleau original de Jack Kerouac, un livre, que dis-je, un Livre, qui s’inscrit dans les plus grandes oeuvres qui m’ait été donné de lire. Tous mes remerciements à Alapage (un lien vers ses romans pas chers) qui propose décidément un excellente sélection dans ses partenariats.

Tout frais tout chaud aussi : l’avis d’Ofelia . Ont également lu cette nouvelle édition Delphine et La Ruelle Bleue, qui a inséré des extraits et des interviews de Kerouac dans un billet très complet : le tout est passionnant.

Bonne plock à tous !

Sur la route – Le rouleau original (On the Road – The Original Scroll), par Jack Kerouac (1957), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, aux éditions Gallimard (2010) avec de nombreuses préfaces, 504 p., ISBN 978-2-07-012183.



40 ans, 6 morts et quelques jours…, par Victor Rizman

9782953346107.gif « La situation n’a pas changé, mais je la vois littéralement sous un autre jour et je l’accepte« .

Pour présenter ce roman, on peut bien sûr faire dans le classique, en reprenant la présentation de l’éditeur : « un publicitaire, père de famille sans histoire, décide de changer de vie au seuil de ses quarante ans et pour s’interdire tout retour en arrière, commet l’irréparable en devenant serial killer. La mise en scène commence, entraînant un journaliste de second plan mais à l’univers pour le moins étrange et un flic revenu de tout. 3 hommes, 3 histoires, un seul et même tourbillon qui les entraîne dans le sillon de la vie. Le temps de compter jusqu’à 6, et leur vie aura changé. Au-delà de l’intrigue policière, un roman au coeur de la communication, explorant les limites de la manipulation. Une histoire d’hommes qui doutent et qui cherchent mais qui ne s’épargnent pas leur introspection« .

Mais on peut aussi faire dans le moderne, en insérant la vidéo, à l’image du roman et vraiment bien foutue.

Image de prévisualisation YouTube

Le narrateur est un type ordinaire, qui, un beau matin – ou plutôt un soir en sortant les poubelles – réalise qu’il n’en peut plus. Sa carrière, sa famille, tout cela n’a plus beaucoup de sens. Commence alors une double vie, une nouvelle vie même, qui va lui permettre d’exprimer sa profonde misanthropie.

L’ensemble des personnages qui gravitent autour du narrateur sont d’une justesse épatante : sa famille, ses relations professionnelles… les personnages de Sanglar – le journaliste – et de Schmitt – le flic – m’ont pourtant semblé plus lointains. Ces chapitres alternatifs sont moins convaincants, plus confus, j’avais hâte (vraiment hâte, et c’est certainement bon signe !) de retrouver le narrateur.

L’autre source de réjouissance, c’est l’écriture de Victor Rizman : un beau phrasé, percutant, d’une grande finesse. L’auteur est capable de mettre en lumière le moindre travers, de sublimer les petites choses du quotidien – ou plutôt  d’en  montrer le côté abject – et de saisir littéralement le lecteur avec le carrelage d’une cuisine, une réunion clientèle ou une cafétéria de troisième zone.

Voilà enfin un roman qui m’a bluffé par la qualité de son intrigue. Après des débuts un rien poussifs, la trame devient palpitante. Et surtout, quel dénouement ! Tout simplement époustouflante, la fin m’a scotchée comme rarement. Un polar non conventionnel, loin du pur divertissement. Largement de quoi séduire les amateurs du genre, mais aussi, certainement, bien au-delà. Car il est question de meurtres et de leur traque journalitistico-policière, mais il est aussi une vraie chronique sociale, un regard fort sur la folie ordinaire et une réflexion amère sur la société de l’internet.

Bonus avec le site de l’auteur, qui précise que 40 ans, 6 morts et quelques jours… est composé de 68% de curiosité, 80% de cynisme, 67% d’humour noir, 72% de suspens, 100% de remise en question et 0,7% de femme à poil… et il n’y a pas tromperie sur la marchandise !

Bref, un grand merci aux éditions Emotion-works pour cette découverte, et à Cynthia pour avoir attiré mon attention sur ce livre ! Egalement les avis de Mango, Clara, Sandrine, Saxaoul… 

Bonne plock à tous !

40 ans, 6 morts et quelques jours…, par Victor Rizman (2009), aux éditions Emotion-Works, 290 p., ISBN 978-2-9533461-0-7. 



Swap’in follies : le dénouement !

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Are you ready ?

Embarquement pour New-York City !

Un swap estampillé States, et en particulier New-York, j’ai beau multiplier les swaps, impossible de résister, surtout un swap organisé par Manu et Amanda !

Et que j’ai bien fait ! Ma swappeuse s’est révélée dès l’ouverture (regardez bien)… c’est Manu, l’une des organisatrices du swap (je suis vraiment touchée) !

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Attendez que je vous explique mon voyage… Après un petit coup d’oeil sur Long Island, débarquement à Manhattan, avec Petit déjeuner chez Tiffany, de Truman Capote, (en édition collector s’il vous plait, very classe !) accompagné du DVD de Diamant sur Canapé, avec la jolie Audrey Hepburn.

Puis direction Harlem (« mon » New-York), avec La reine des pommes, signé Chester Himes, et le DVD de Cotton Club, signé Coppola ! Mais le voyage ne s’arrête pas là puisque Manu m’a réservé un bonus, un polar bien déjanté de ceux dont je raffole : Marilyn La dingue, par Jérome Charyn !

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Oh, mais que vois-je ? Des gourmandises !!! Des brownies, du pop-corn et des MMs – avec la belge touch’ ! – à peine reçus et déjà croqués, ils n’auront pas survécu au week-end (et surtout aux soirées foot !)

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Enfin, ma swapeuse a décidément vu tout juste car j’avais indiqué que New-York était aussi pour moi la ville du Pop Art (pour lequel j’ai eu la révélation avec les expos Warhol-Basquiat et Keith Harring au MAC de Lyon). Et là, Manu a fait très très fort !

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Y’en a tellement que je ne sais plus par quoi commencer ! Une affiche warholienne de Marilyn, un très beau carnet avec la statue de la liberté, des marque-pages à tomber tellement ils sont beaux, deux repro et un stylo Keith Harring (plus les cartes postales new-yorkaises qui décoraient les paquets cadeaux !).

Et surtout, attendez que je vous présente mon nouvel ami : je l’adore ! Un petit canard un brin coquin, baptisé Dudule par mes soins, il tiendra compagnie à Groucho, mon porte-clé chat (vous aussi le soleil vous tape un peu sur la tête ? Moi, non, juste un peu !)

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Allez, pour le plaisir, une vue d’ensemble de ce magnifique colis !

(On avait pas dit raisonnables les colis ? Bon… j’ai du rêver !)

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Un énorme MERCI à Manu, ton colis est vraiment personnalisé, génial, sublime, j’adore !!!!! Et je me suis même découvert un nouveau cri à l’occasion du déballage (quelque chose comme « YOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU », répété toutes les deux secondes et demi, il a fallu m’embecquer des MMS pour que je me taise…)

Merci Merci Merci !!!

Bonne plock à tous !

Edit du 12/07 : je peux maintenant révéler l’identité de ma swappée : c’est Isabelle ! Merci à toi pour ce très chouette billet !  



I kissed a girl (c’est pas moi, c’est un tag)

Ça commence comme un tag très sympa et ça finit en divorce avec mon fournisseur officiel de bien-être (mais je remercie bien sûr Ofelia, elle pouvait pas savoir).

Le principe du tag ? Oh, c’est simple comme de l’herméneutique cartomancienne : on lance « sa » musique de manière aléatoire et on la charge de répondre à une série de questions auxquelles on aurait parfois bien du mal à répondre nous même. Pratique. Si tout cela n’est pas des plus clairs, comme je le subodore aisément, je peux aussi expliquer par des exemples piochés au hasard Baltazar ici ou .  

N’ayant pas d’Ipod (ne dites rien, j’ai pris 20 ans d’un coup), j’ai lancé ma sélection Deez*r. Et comme j’ai 2 playlists, pas moins, j’ai tapé dans les deux en changeant de temps en temps entre les questions. Là où c’est beaucoup moins drôle, c’est que je n’ai pas le droit de tricher. Zut. Bon, mon chat-chat est témoin, je ne tricherai pas sans vous le dire, promis, je jure sur sa tête.

Allez zou : je clique sur le premier titre – il ne compte pas – j’enclenche la lecture aléatoire et j’appuie sur « suivant ».

Si quelqu’un vous dit « est-ce que c’est bien ? », vous dites

La javanaise, Terez Montcalm (heu… j’crois pas, non, mais bon, on va rien dire, Deez*r n’était pas encore échauffé, c’était un coup d’essai, bla bla bla)

Comment vous décriveriez-vous ?

Otherwise, Morcheeba (je découvre à l’instant ce que ça veut dire – « autrement » – je ne suis pas certaine d’être assez bien réveillée pour chercher les doubles sens éventuel là). 

Qu’est-ce que vous aimez chez un garçon ?

Joueur de blues, Michel Jonasz (ah oui tiens, pas mal !)

Comment vous sentez-vous maintenant ?

Only you, Portishead (concentre-toi un peu Deez*r, y’a un tag en jeu là)

Quel est votre but dans la vie ?

Amstrong, Claude Nougaro (euh… non. En fait, j’ai laissé tomber le jour où j’ai compris que je n’étais ni trompettiste, ni astronaute, ni même cycliste. Faut te mettre à la page, Deez*r, mon ami)

Que pensent vos amis de vous ?

Still Dre, Dr Dre (ça, si c’est bien une façon de dire « reste comme t’es, surtout ne change rien », je le prend bien).

Que pens(ai)ent vos parents de vous ?

House of the rising sun, Joan Baez (vu le prénom qu’ils m’ont donné, c’est plutôt marrant en fait)

A quoi pensez-vous souvent ?

My heart belongs to daddy, Elian Elias (où est le divan que je m’allonge ?)

Qu’est-ce que 1+1 ?

Stop In the Name of Love, The Supremes (genre, arrête avec tes questions c*ns si tu veux qu’on reste ami, c’est ça que ça veut dire ? Deez*r, voyons…)

Que pensez-vous de votre meilleur(e) ami(e) ?

Rock me baby, Otis Redding (no coment. Deez*r, faut qu’on parle – mais qui te l’a dit ?)

Quelle est l’histoire de votre vie ?

Pump it, Black eyed Peas (naaaaaaaaaaaaaaaaaaan. Là, c’est pas possible, il FAUT que je change)

Beat it, Michael Jackson (pfffff. Je crois que tu ne me connais pas si bien que ça, Deez*r. Essaie encore – allez, je t’aide, je change de playlist)

Rehab, Amy Winehouse (non, non, ça ne m’amuse plus là, t’es vraiment pas sympa)

Nine, Dianne Reeves (mouais… allez, ça ira. Faudrait que je me penche sur les paroles un jour quand même)

Que pensez-vous lorsque vous voyez la personne que vous aimez ?

Proud Mary, Ike et Tina Turner (tiens donc ?)

Que jouera-t-on à vos funérailles ?

Be my baby, Vanessa Paradis (Un peu de mauvais goût, non ?)

Quel est votre hobby ?

Rome wasn’t built in a day, Morcheeba (ceux qui connaissent mon « hobby » – ahem – doivent bien se marrer).

Quelle est votre plus grande peur ?

She wolf, Shakira (naaaaaaaaaaan… De un, je ne voulais pas qu’elle sorte celle-là, de deux… j’vois pas le rapport, du tout du tout)

Quel est votre plus grand secret ?

Can’t take my eyes off of you, Vic Damone (?).

Que pensez-vous de vos amis ?

Crazy, Alice Russel (on dirait que ça a du sens comme ça, mais c’est même pas vrai, non non non. Du moins… pas tous)

Quelle est la chanson de votre vie ?

Chain of fools, Aretha Franklin (allons bon)

Qu’est-ce qui vous décrit ?

I heard it though the grapewine, Marvin Gaye (hum… Deez*r, t’as fait exprès de choisir une chanson dont je ne comprends pas le titre, hein, avoue…)

Quel titre allez-vous donner à ce billet ?

I Kissed a girl, Katy Perry (Oups… je peux changer ma réponse ? Le titre, quoi, siouplé… comment ça j’ai utilisé tous mes jokers ? Chat-chat, tu tiens à ta tête ? Oui ? Bon, tant pis)

Voilà comment j’ai découvert que j’étais une grande incomprise de celui qui partage mes journées, mes soirées, et même mes nuits parfois mais chut. Cruelle désillusion. Bon, piètre consolation, j’aurai appris plein des mots en anglais (merci rev*rso). 

Y’a des réponses qui collent de manière très bizarre, parce qu’on pourrait penser qu’elles collent, mais en fait non. Ou alors juste une ou deux (et je vous laisse deviner lesquelles). Étrange aussi que certains ne soient pas sortis alors qu’ils sont en nombre dans mes playlists… Pas de Rita Mitsouko, pas de Nina Simone, pas de Queen… la prochaine fois peut-être ?

Oups, je parle, je parle, et j’en oublierai presque de taguer quelqu’un… est-ce que Choco, L’Ogresse et Petite étoile sadique ont envie de se prêter au jeu ?

Bonne plock à tous !



Prenez soin du chien, par J.M. Erre

erre.jpeg « J’ai tout de suite remarqué que quelque chose clochait chez lui…« 

Il se passe de drôles de choses aux 5 et 6 de la rue Doulce-Belette. Il faut dire que la folie semble contagieuse dans ces deux immeubles mitoyens… Par exemple, entre les voisins Max Corneloup et Eugène Fluche, rien ne va plus. Le premier, auteur de romans-feuilletons, et le second, peintre sur coquille d’oeuf, se persuadent à qui mieux-mieux que l’autre n’a  d’autres préoccupations que de l’espionner. Mais plus l’on fait connaissance avec les autres résidents, plus ces deux là nous paraissent relativement sains d’esprit. Et lorsqu’un meurtre est commis, la santé mentale déjà fragile des locataires semblent défaillir pour de bon.

Quelle histoire, mais quelle histoire ! Après avoir eu un gros coup de coeur pour Série Z, je n’ai pas pu attendre : Prenez soin du chien est venu coiffer ma PAL en un rien de temps. Et là encore, quelle poilade, mais quelle poilade ! 

Avec ses personnages plus psychotiques les uns que les autres, J.M. Erre nous embarque, l’air de rien, au doux pays des barges. Parce qu’il faut voir le tableau : une concierge indiscrète, une autre sexy en diable, un chienchien  à sa mémère folle-dingue, un auteur de romans cochons, un collectionneur de gerbilles, un adolescent attardé, un cinéaste taciturne – et j’en passe. Ce n’est plus un quartier résidentiel ordinaire ; c’est un asile qui s’ignore.

J’en oublierai presque que ce roman est aussi un polar. Construite sur un compte à rebours, l’intrigue est prenante et surprenante, riche de rebondissements plus cocasses les uns que les autres. Et le dénouement se fait urgemment attendre ! Le récit est aussi servi par une écriture loufoque, hilarante, un brin canaille, et – cerise sur le gâteau – entrecoupé de réflexions sur le travail de l’écrivain, les ressorts de la fiction, l’inspiration…

Une histoire déjantée, foisonnante, et pourtant bien maitrisée : du grand art !

Extrait du journal de Max Corneloup : « Aucun signe d’activité chez Fluche depuis mercredi. Pas de lumière, pas de mouvement. Je n’ose espérer qu’il ait enfin débarrassé le plancher (…). Ce matin, il m’est venu à l’esprit une idée assez délectable : et si le maniaque était mort ? Je l’imagine, vautré au milieu de ses oeufs, paré pour le voyage… Vers le paradis des poules si cela lui fait plaisir ! Crise cardiaque ? Rupture d’anévrisme ? A moins qu’une vilaine chute… (…) Ouais, une chute, c’est pas mal ça… A demi trépané sur le lino, on fait nettement moins le malin… Et les huit mètres du salon, ça devient vite une trotte, quand vous n’avez plus que le petit doigt pour vous tracter…« .

Si Prenez soin du chien m’a semblé un léger chouïa en dessous de Série Z – il faut préciser qu’il s’agit du premier roman de J. M. Erre -, il en reste un immense plaisir de lecture, jubilatoire, rapide (trop rapide même !) et vivement recommandée !

Les avis de Keisha, Papillon, Choupynette, Fashion, Emeraude, Jules… et d’autres encore recensés chez BOB !

Bonne plock à tous !

Prenez soin du chien, par J.M. Erre (2006), aux éditions Points (2007), 304 p., 978-2-757-80124-6. 



Hush, par Kate White

9782501066525.jpg « Contente-toi d’en venir au fait, eut-elle envie de hurler« .

C’est ce qui s’appelle un quatrième de couverture emphatique. « Au matin de sa première nuit avec le Dr Keaton, avec qui elle travaille dans une clinique d’insémination artificielle, Lake Warren s’éveille au côté d’un cadavre. C’est le début de sa descente aux enfers. Pour ne pas risquer de perdre la garde de ses enfants, elle doit se taire, mentir à la police et découvrir elle-même la vérité. Bientôt, d’inquiétants indices viennent – littéralement – s’amonceler devant sa porte. Lake comprend alors qu’elle dangereusement proche des secrets sordides de la clinique et de Keaton. Mais peut-elle encore faire machine arrière ?« .

Pourquoi cette lecture ? Parce que c’est désormais acquis : je suis crédule. A la vue du quatrième de couverture, j’y ai cru. Et quand il m’a fallu choisir un livre  (un seul, vu la taille des bagages à main autorisés par EasyJ*t), j’ai suivi les recommandations « il te faut un polar facile pour ton premier voyage en avion ». Le conseil était judicieux, mon choix beaucoup moins.

Bon, je vais étayer mon (res)sentiment. Et de commencer par le point positif : l’intrigue. Qui dit positif ne dit pas parfait – c’est somme toute très relatif, comparé aux nombreux écueils de ce thriller… Mais je ne suis pas dupe du fait que Kate White a exploité – sans grande subtilité pour que je m’en aperçoive ! – le fameux système du page-turner : des chapitres courts, se terminant sur un embryon de rebondissement ou un début d’éclaircissement, qui donnent envie de savoir, eh oui, mais qu’est-ce qu’y va-t-y donc se passer ensuite, on se le demande. L’enquête avance vite et c’est tant mieux.

Car venons-en aux choses qui fâchent – soit tout le reste. L’ambiance ? Inexistante.  Le  style ? Insipide. Les personnages ? Caricaturaux (les médecins sont arrogants, les infirmières bécasses, les flics méchants, et son héros plus beau en vrai qu’en photo). Le dénouement ? L’histoire est moche, mais de là à la qualifier de « sordide »… Mais Kate White n’a pas oublié une bonne dose de discours réac’ sous des airs de ne pas y toucher et une happy end facile.

Et puis, et puis, le personnage central : une new-yorkaise chicosse, la quarantaine bien fraîche malgré son divorce (ça nous change des trentenaires célibataires… enfin, si peu), car son mari l’a quitté brusquement – l’affreux jojo. Mais rassurez-vous, Lake nous fait régulièrement part des sentiments qu’elle a pour lui – ou pas – ou plus. Ouf. En fait, rien ne manque au tableau : deux enfants en camp de vacances à qui elle écrit tous les jours (comme c’est mignon), un chat dont elle prend grand soin (bref, la mère parfaite), une garde-robe que l’on finit par connaître dans le détail et une meilleure copine pot-de-colle mais un peu garce sur les bords quand même.

Une lecture somme toute pas si désagréable, mais vraiment plate, qui aura eu au moins un mérite : me conforter dans l’idée que la chick-lit n’est définitivement pas ma tasse de thé, même enrobée d’un suspens grossier. Et ce thriller à l’eau-de-rose de se terminer sur cette phrase toute en profondeur : « Ses yeux rencontrèrent les siens et elle lui sourit« . Voilà voilà…

Je remercie quand même la Team de 49799387p.png et les éditions Marabout pour ce partenariat ! Ce roman, qui trouvera certainement son public, peut s’avérer idéal pour une lecture de plage, mais je me suis clairement méprise dans mon choix.

Bonne plock à tous !

Edit du 23/06 et + : les avis sont partagés… positif pour Sybille et Mango, ce fut même un coup de coeur pour  Lily et MyaRosa. En revanche, June, Mélo, Lecoinlittéraire et Jostein sont plus mitigés, tandis que Valérie, Emiloutre et Celsmoon partagent ma déception (ouf, je me sens moins seule !). D’autres avis chez BOB

Hush – Ce que vous ne dites pas peut vous tuer (Hush), par Kate White (2010), traduit de l’anglais (États-Unis) par Armelle Santamans, aux éditions Marabout, collection Girls in the City (2010), 381 p., ISBN 978-2-501-06652-5.



Musique : spéciale reprises en live !

Pour la fête de la musique, j’avais envie de faire une spéciale reprise en live ici aussi, tirées des meilleurs concerts que j’ai fait l’année fait l’année dernière : les Sweets Vandals aux Invites de Villeurbanne et Ben l’oncle soul à L’Epicerie de Feyzin (je ne crois pas qu’il existe de vidéo de ce concert là… en tout cas pas trouvé ! Celle-ci est assez sympa).

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***

Et pour moi ce soir, ce sera du rock au féminin !

Bonne plock à tous !

Edit du 23/06: une très belle découverte cette année : Buridane. Pas vraiment mon style au départ, mais je dois reconnaître qu’elle m’a complètement embarqué ! De très jolis textes !

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PS : j’en profite pour indiquer que j’ai enfin mis en ligne un index des livres ici chroniqués – deux pour être précis : un index par genre et un index par auteur (que vous pourrez retrouver dans les pages : liens tout en haut au dessus de la bannière ou dans la colonne de droite) !



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