Un p’tit gars de Géorgie (et Le petit arpent du bon Dieu aussi), par Caldwell

Tout bon dodo connaît la chanson : on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, et vlan, et vlan, petit chenapan… A ce petit jeu, voilà, mesdames-mesdemoiselles-messieurs, de la bonne, mais alors, de la très très bonne, littérature.

Caldwell, Erskine de son doux prénom, vous fait avaler ses bouquins comme du petit lait. C’est limpide, bien écrit, bien traduit*. Mais ça vous laisse ensuite avec un sale goût en bouche… parce que c’est glauque, mais glauque, comme vous n’avez pas idée. A la fois délicieux et infect ; ça force le respect.

Illustration avec ces deux romans situés dans le fin fond des États-Unis des années 30, nourris de la misère, la bétise, du racisme,du sexe crade… deux farces tragiques qui se lisent vite mais vous restent sur l’estomac longtemps après.

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Un p’tit gars de Géorgie plaira certainement aux amateurs  d’histoires brèves mais intenses. Le roman est construit par chapitres quasi-indépendants, comme des tranches de vie de la famille Stroup.

L’une de mes scènes préférées est tirée du chapitre VIII. Le p’tit gars et ce qui lui tient lieu de père se rendent au cirque de passage en ville. Devant la tente annonçant des filles nues, le dit père n’y tient plus : il lui faut les dix cents que son gamin avait économisé pour voir du rodéo. Il finit par l’avoir en lui serrant le bras et en « tirant dessus de toute ses forces« … sans oublier bien sûr de garder la monnaie, le bougre.

Le Petit arpent du bon Dieu fut quant à lui poursuivi pour obscénité au moment de sa publication américaine. Le livre est construit comme une bouffonnerie, risible si elle n’était si cruelle. A ceux qui ont lu Les raisins de la colère : vous êtes vous déjà imaginé ce qu’aurait été la vie des Joad s’ils n’avaient point quitté la côte est ? Alors vous y êtes.

* Pour ne rien gâcher, regardez donc qui se cache derrière la traduction de ce dernier roman : un certain Maurice Coindreau, rien que ça. Vous qui pestez tant et bien sur les mauvaises VF (oui vous ! Et moi ! Et on a bien raison !), attendez de lire ce qu’en dit André Maurois dans sa préface : « Jamais transposition plus exacte d’un texte étranger ne fut donnée au lecteur français« . Ça vous pose un homme dites !

Bonne plock à tous !

 

Un p’tit gars de Géorgie (Georgia Boy), par Caldwell (1949), traduit de l’anglais (américain) par Louis-Marcel Raymond, aux éditions Gallimard, collection Folio, 183 p.

Le petit arpent du bon Dieu (God’s Little Acre), par Caldwell (1936), préface André Maurois, traduit de l’anglais (américain) par Maurice Coindreau, aux éditions Gallimard, collection Folio, 270 p.



Mais qui est donc Le Joueur d’échec ?

Une fois n’étant pas coutume (faudrait pas y prendre goût ! Remarquez ce serait étonnant…), Pickwick va tâcher de mobiliser le courant d’air frais qui gambade entre ses oreilles pour vous parler du Joueur d’échec de Stefan Zweig.

Il faut dire que pour qui aime confronter le titre d’une œuvre à cette dernière, il y a matière à gamberger. Zweig a choisi un titre, Le Joueur d’échec, au singulier. Or, nombre des protagonistes du récit (certes peu en définitive, mais ça fait toujours plus d’un) pourraient revendiquer ce p’tit nom.

D’où mon billet en forme d’enigme : mais qui est donc Le Joueur d’échec ?

Postulat de départ : le joueur d’échec est parmi nous – enfin, parmi les personnages du roman (peut-etre que non en fait… mais on va rester dans le littéraire, déjà que, hein, bon). Excluons également d’emblée ces faux joueurs constitués par le pédant écossais MacConnor et l’assemblée informe des joueurs lors de la partie commune. Observer (ni même s’agiter) n’est pas jouer. 

Premier suspect : il est bien évidemment tentant de considérer notre joueur en la personne de Czentovic. Champion d’échecs, il vit de sa pratique, et plus encore, sa vie se résume au jeu. Autrement dit, il n’est que joueur d’échec. Circonstance aggravante : alpha et omega de la trame, l’intrigue se noue autour de lui (sa présence sur le navire, son consentement à pratiquer, son dernier mot – la dernière phrase du récit). Bref, un coupable idéal. Trop peut-être ?

Deuxième suspect : le joueur d’échec, c’est peut-être aussi le vieillard anonyme, le Dr. B. Il est celui par qui le récit prend une dimension tragique, celui par qui l’on s’interroge sur les facultés de l’homme (la résistance, la raison) et ses limites (la folie). Son rôle est central, au sens propre (son irruption à la moitié du voyage) comme au sens figuré (son irruption fait basculer le récit). Mais…

Troisième et dernier suspect : le narrateur (et donc Zweig lui-même). Rien de surprenant en définitive. C’est l’artisan de toutes les parties d’échec qui auront lieu sur le navire : il distribue, anime et même interrompt le jeu. Les noirs ? Le champion, inculte, bourru, vénal. Les blancs ? Le vieil homme, érudit, exilé, victime. L’inné contre l’acquis. J’ai évidemment un penchant pour cette dernière hypothèse…

Et vous ?

Lu dans le cadre du challenge Ich liebe Zweig, organisé par Karine :)  et Caro[line]

Challenge Ich liebe Zweig

Bonne plock à tous !

 

Le Joueur d’échec, par Stefan Zweig (1943), traduction révisée par Brigitte Verge-Cain et Gérard Rudent, aux éditions Le livre de poche, 95 p., ISBN 2-253-05784-3.



La Fugitive, par Herbjorg Wassmo

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Il m’arrive de donner de petits noms à des romans, comme d’intimes et tendres pseudonymes. Pour La Fugitive d’Herbjorg Wassmo, mon choix se porte sur « la déconfiture ».

Tout avait pourtant si bien commencé…

J’ai abordé la lecture en toute confiance. Je crois connaître un peu l’auteur : neuf romans (qui, eux, méritent vraiment le détour…), trois trilogies (Tora, Dina et Karna), trois histoires de femmes qui m’ont bouleversé. C’est donc peu dire que je me suis plongé dans La fugitive avec l’espoir d’un moment heureux.

Je suis alors surprise. Un roman écrit sur un mode très introspectif, situé en 2001, à travers l’Europe… Wassmo nous avait habitué à des lieux et des époques reculées, le cercle polaire, le XIXe siècle, et une écriture très distante. Allez, va pour le changement, je ne suis pas si psychorigide quand même… je reste confiant… jusqu’à la toute fin du premier chapitre : « Il disait souvent qu’il m’aimait. Mais comprenait-il ce que cela impliquait ?« . Aïe. Anna Gavalda, sors de ce blog !

Je ne reconnaît plus l’auteur, sa verve, ses contes noirs. Les métaphores sont filées à ne plus en finir, les descriptions sans consistance, les personnages quasi-fantasmagoriques… ou insipides, c’est selon. Où est passé le style épuré et percutant des premiers romans ?

Il me faut me rendre à l’évidence : je peine. Mais je m’oblige et persévère.

A la moitié ou presque, de manière quasi-miraculeuse, le récit commence à prendre vie. Il est même alors un ou deux chapitres qui se lisent de façon agréable. Mais c’est lent, presque paralysé, malgré (et c’est le plus terrible) le voyage, la « fuite » qui constitue la trame générale. Je dois finir par l’admettre : le charme est rompu.

Mais, en refermant le livre, je doute. Je me dis qu’il n’est pas possible que Wassmo ait pu me faire un coup pareil, me proposer une écriture affligeante et une histoire qui ne l’est pas moins. Je fini par me dire que je suis certainement passée à côté de quelque chose, que c’est - peut-être - un roman formidable que je n’ai pas su apprécier à sa juste valeur. Peut-être.

Bonne plock à tous !

 

La fugitive (Flukten fra Frank), par Herbjorg Wassmo (2003), traduit du norvégien par Luce Hinsch, aux éditions Gaïa (10-18), collection  »Domaine étranger », 409 p., ISBN 978-2-264-04322-1.



Livres à lire : libres propos et propositions libres

A peu près à jour ! PAL – 2 1/2… mais plus tous ceux qui s’y rajoutent !

Quand je me prom prom sur les blogs littéraires, j’aime à consulter les listes de « livres à lire ».

Je les découvre souvent avec ravissement, quelquefois avec envie ou scepticisme ; je note consciencieusement certaines références dans mes petits carnets ; et je finis toujours par remarquer un bouquin au titre superbement racoleur.

Je suis tout particulièrement fasciné par le phénomène des lectures communes. La parution d’une liste peut en effet donner lieu l’éclosion de multiples unions libres, certes passagères, mais que j’imagine toujours dotées d’une charge émotionnelle puissante - du moins à proportion de celle dégagée par l’heureux (livre) élu. 

Mais, sauf exception – et à moins d’avoir, sans le savoir encore, un besoin urgent de faire renouveler mes lunettes - j’avais fini par me résigner : rares sont les listes devant lesquelles ma bibliothèque réponde favorablement. Et puis je me suis souvenu de quelque chose… n’ai-je pas désormais un blog dédié à la lecture ? Pickwick, où as-tu donc la tête ? Oui, ça y est, je peux sortir du placard pour vous faire grimper (respectueusement, allons bon !) dans mes étagères. 

Je dois vous avouer que je tremble à l’idée de faire mon coming-out littéraire… une telle démarche n’est-elle pas prématurée ? Mes propositions seront-elles à la hauteur ? Je m’interroge et me consulte intensément quelques secondes avant de me résoudre : je dois me lancer dans cette folle aventure. 

Voici donc la liste de « livres à lire » de Pickwick  – et je prie très fort pour que vous vous y retrouviez.

Sur mes étagères, il y a…

… du Tom Sharpe ! Dès que j’ai fini les Wilt (Ayé !), je vais lorgner sur Fumier et CiePorterhouseQuelle famille !, Mêlée ouverte au Zoulouland et Outrage public à la pudeur.

… de la littérature britannique en général, comme Eureka Street de Robert McLiam, ou Haute fidélité de Nick Hornby.

… de (grandes) trilogies : celle d’Agota Kristof (Le grand cahier, La preuve et Le troisième mensonge – intégrée dans le challenge Europe centrale et orientale) et surtout USA de Dos Passos (42e parallèle, L’an premier du siècle et La grosse galette).

… des livres reçus à Noël dernier : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, d’Harper Lee (lecture avec Anjelica, ABeiLLe, Manu, Calypso, Evertkhorus, Choupynette, Nane, Nelfe, Sybille, Clara et Alexielle : Wouaouh !), Le Scandale de Jean-Marie Rouart et Trois jours chez ma mère de François Weyergans (lecture commune avec Maijo) 

… de la littérature scandinave, avec Doppler d’Erlend Loe (et j’espère trouver Volvo Trucks dans la foulée – c’est fait !), et Les Ballades de Haldur de Jorn Riel.

… des polars : L’assassin aux fleurs de Ngaio Marsh ; la trilogie de Fabio Montale, par Jean-Claude Izzo ; A chacun sa mort par Ross McDonald. 

… des grands classiques de la littérature américaine : Gatsby le Magnifique de Fitzgerald (lecture avec Anjelica) ; Le Troisième homme, de Graham Greene ; Le rêve américain de Norman Mailer (lecture commune avec Inganmic!); Pylône de William Faulkner ; Un enfant du pays de Richard Wright (Ayé aussi !).

… des classiques parmi les classiques que, promis juré, je lirai en 2010 : Le docteur Jivago de Pasternak (lecture avec Lou) et Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (lecture avec Karine:)).

Bingo, vous avez dit bingo ? Nous avons au moins un livre en commun sur nos étagères ? Faites moi un petit ou même de grands signes ! On pourra se programmer ça tranquillement.

Bonne plock à tous !

 



Le croque-mort a la vie dure

 

Ce n’est plus la peine de le cacher : j’ai un faible pour les titres. Un titre, c’est un peu comme un prénom : ça résonne, ça créé un trouble, ça vous pose une personnalité… 

Et c’est-y-pas un super titre, ça, Le croque-mort a la vie dure ? Forcément, Pickwick s’est emballé… sans regret !

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Croque-mort donc, Hitch Sewell a un boulot folichon, une vie insipide à Baltimore, un gros baveux répondant au doux nom d’Alcatraz… et au premier jupon qui passe, pfff ! Oublié les bonheurs simples d’une existence si morne. 

Il poursuit la belle dans une affaire assez complexe. Une belle intrigue même, tortueuse à souhait - juste assez pour ne pas perdre le lecteur sans pour autant le laisser entrevoir le pot-aux-roses. Qu’on ne se méprenne pas, la trame n’a rien de révolutionnaire ; c’est même peut-être un poil classique pour les adeptes du genre. Mais l’histoire se tient, et prend une belle ampleur. 

Voilà en fait un polar qui ne néglige rien. 

Ni le scénario, bien ficelé, et doté de quelques trouvailles qui méritent vraiment le détour.

Ni l’ambiance, ni le style, ni l’humour et les scènes cocasses. 

Ni surtout les personnages qui donnent définitivement au roman toute sa saveur (mention spéciale à Julia « somptueuse, semi-nymphomane, quasi-bouddhiste et éternellement charmante ex-femme » de Hitch).

Ajoutez-y quelques réflexions bien senties (« Les chemises d’homme ont été créées pour les femmes. Il n’y a pas à tortiller. L’inverse ne fonctionne pas« ), emballé c’est pesé.

Quand à la suite des aventures, comment ne pas se laisser tenter ? Le croque-mort préfère la bière, Le croque-mort à tombeau ouvert… des titres pareils, ça ne devrait pas être permis.

Bonne plock à tous !

 

Le croque-mort à la vie dure (The Hearse you came in on), par Tim Cockey (2000), traduit de l’anglais (américain) par Claire Breton, aux éditions Alvick (Seuil), série Policiers, 402 p., ISBN 2-02-078814-4.



L’héritage des Templiers

Ne me demandez pas pourquoi j’ai été apaté par ce bouquin… les légendes éculées feront toujours vendre avec des buses comme moi.

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Remarquez, la couverture aurait du me mettre la puce à l’oreille. L’éditeur a pris soin d’indiquer qu’il s’agit d’un « maître du genre » pour… Dan Brown. Ah. Voilà…

Reprenons. L’héritage des Templiers serait, à s’en tenir encore une fois à la couverture, un « thriller historique ». Hem, faut voir.

Pour l’historique, ok. La came est au rendez-vous. Jusqu’à l’overdose parfois - et pourtant je ne suis pas du tout réfractaire. Les théories développées ne sont d’ailleurs pas inintéressantes. Les propos sont plus fins et mieux documentés que ceux de Da Vinci Code (la bonne blague !). Ils réjouiront même probablement les addicts du Google groupe   »Le grand complot existe, je l’ai vu », « Tremble Vatican ! » en option.

Mais un thriller ? Ah ?? Ah ??? Le rythme est lent lent lent, l’intrigue peine, les révélations se font terriblement attendre et ne sont finalement pas folichonnes… par exemple, le coup du mort-pas-vraiment-mort, pouah ! Quant aux scènes d’actions… j’en ai vu des plus convaincantes dans Walker Texas Ranger. Hé ouais.

Bref. Il est des polars qui m’ont conduit à de véritables nuits blanches, si vous saviez (mais je pense que vous savez !!). Or, ma mine fraîche de ces derniers jours vous en dira tant.

Au final, j’ai eu une bien désagréable sensation. Celle d’avoir lu, sans le savoir, une thèse de doctorat en histoire des idées politico-architecturo-religieuses, mention croisades et GPS, estampillée passable et recyclée en pompe à fric… Gogo le dodo ? Grrrr…

Bonne plock à tous !

 

L’Héritage des Templiers (The Templar Legacy), par Steve Berry (2007), traduit de l’anglais (États-Unis) par François Smith, aux éditions Le cherche midi, 566 p., ISBN 978-2-7491-0859-9 (existe en poche chez Pocket : ISBN 978-2-266-16958-5).



Into the Wild

Into the Wild (10-18)

Pas de suite possible avec Into the Wild : le personnage principal meurt à la fin. Ou plutôt au début. Je ne gâche aucun suspens allons : c’est vendu dès l’avant propos. Certes, les dodos ne sont pas toujours des lumières… mais je n’ai définitivement pas pour habitude de tuer les vocations de lecture dans l’oeuf (wouarf wouarf).

Reste parmi nous, inconditionnel amateur de polar et d’intrigues. Il y a du suspens malgré tout. Si l’on sait que le bonhomme est mort dès le début, ce n’est qu’à la fin que l’on découvre pourquoi, comment, et surtout à quel prix. Cette fin… elle fait sérieusement froid dans le dos, quand j’y repense.

C’est donc une chasse à l’homme mort qui s’engage, et par delà, une chasse à l’Homme. La traque reste évidemment un prétexte tout trouvé par l’auteur pour s’interroger (pas toujours) subtilement sur les aspirations du genre humain. Chris-Alex est parti : il voulait découvrir le monde - ou se découvrir lui-même, on ne sait vraiment, lui non plus, d’ailleurs. Sa terre promise : l’Alaska. Son moteur : la liberté. Son atout : sa foi en l’homme. Son erreur : sa foi en l’homme.

Illustrons nos propos… l’extrait d’une lettre de sa main fera certainement l’affaire : « il faut seulement que nous ayons le courage de tourner le dos à nos habitudes et de nous engager dans une façon de vivre non conventionnelle« . On est parfois admiratif, parfois affligé… Sentiments contradictoires garantis ou remboursés.

L’éditeur aurait pu, tout de même, insérer un avertissement, du genre « Ne pas lire si l’envie de plaquer mari / femme / enfants / boulot / belle-mère (rayer la mention inutile) vous a furieusement traversé l’esprit dernièrement« . Ou bien  »Ceci n’est pas un guide à l’usage de ceux qui projettent des vacances aux frais de la princesse grâce à l’auto-stop« . Parce que, tout dodo casanier et bien élevé que je suis, je vous assure que l’on referme le bouquin avec une indécente envie de plier bagage et dire m.. à beaucoup de choses.

Bonne plock à tous !

PS: Je n’ai pas vu le film… et serait curieux de connaître l’avis de ceux qui ont mêlé ciné et littérature. Est-ce que l’adaptation de Sean Penn est à la hauteur, décevante, intéressante… ?

Allez, bande annonce.

Image de prévisualisation YouTube

 

Into the Wild, par Jon Krakauer (1996), traduit de l’américain par Christian Molinier, aux éditions 10-18, collection Presse de la Cité, Domaine étranger, 285 p., ISBN 978-2-264-05089-2.



Délivrez-moi ! et autres aventures de Thursday Next

 

Oui, quand on aime, on aime vraiment.

Vous qui vous êtes à peine remis L’affaire Jane Eyre, souvenez-vous de cette dernière phrase :  

 » - Non, répliquai-je avec un sourire. A vrai dire, je ne fais que commencer… ! « 

Sur ce, Jasper Fforde a eu la brillante idée de poursuivre Thursday Next et son adorable dodo (plock plock !) dans leurs aventures.

Il y eu d’abord Délivrez-moi ! qui, soyons désespérément honnête, n’est certainement pas le meilleur de la série. Il n’est pas mauvais, loin de là. C’est peut-être même le plus barré de la série, parce qu’après lui… Comprenez : il est un peu ce que L’Empire contre-attaque est à Star Wars, Google aux moteurs de recherche, ou le bâtonnet de bois au rollmops : pas des plus savoureux, mais incontournable. Le Portail de la Prose s’ouvre, et l’on sait désormais ce qu’a ressenti Alice lorsqu’elle a plongé dans le tunnel à vouloir suivre un certain Monsieur Lapin blanc.

Il y eu ensuite Le Puits des Histoires perdues. Mon préféré. On en ressort pas indemne, car plus jamais, jamais, jamais, vous ne lirez un livre de la même manière. Ce troisième opus, c’est… tenez, regardez :

 » - Vous vous rappelez cet engouement, il y a quelques années de ça, pour les chaînes de lettres ? Vous receviez une lettre et vous deviez la renvoyer à dix de vos amis ? Eh bien, quelqu’un a du forcer sur la lettre « U ». J’ai ici le rapport de l’agence de protection de l’environnement de la Mer de Texte me signalant que les réserves de la lettre « U » ont atteint un niveau dangereusement bas : il va falloir restreindre la consommation jusqu’à ce que les stocks soient renfloués. Des suggestions ?

- On pourrait utiliser le n de bas de casse à l’envers« .

Il y eu aussi Sauvez Hamelet !, peut-être le plus riche en intrigue et en croquet (ce dernier point n’étant pas discutable). Thursday retrouve son homme et le Minotaure, fait la connaissance de son biographe, n’oublie pas de sauver le monde, et l’honneur des danois par la même occasion, malgré le contrat qu’on a mis sur sa tête. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, et vous aurez raison : il s’agit probablement du moins novateur de la série, mais pas le moins jouissif.

Il y eu enfin Le début de la fin. Une quinzaine d’années plus tard, Thursday a 52 ans, deux ou trois enfants, un dodo toujours, pose de la moquette, travaille à couvert pour les OpSpec en partie démantelés mais reconstitués en secret, alors même qu’en réalité exerce encore et toujours ses talents au sein de la Jurifiction…  toujours aussi intrépide. Malgré quelques longueurs, l’amateur d’intrigue burlesque se régale !

Bonne plock à tous !

Délivrez moi ! (Lost in a good book), par Jasper Fforde (2002), traduit de l’anglais par Roxane Azimi, aux éditions 10-18, collection Fleuve Noir, « Domaine étranger », 444 p., ISBN 2-264-04390-3.

Le Puit des Histoires perdues (The Well of Lost Plots), par Jasper Fforde (2003), traduit de l’anglais par Roxane Azimi, aux éditions 10-18, collection Fleuve Noir, « Domaine étranger », 446 p., ISBN 978-2-264-04536-2.

Sauvez Hamelet ! (Something Rotten), par Jasper Fforde (2004), traduit de l’anglais par Roxane Azimi, aux éditions 10-18, collection Fleuve Noir, « Domaine étranger », 472 p., ISBN 978-2-264-04862-2.

Le début de la fin (First Among Sequels), par  Jasper Fforde (2007), traduit de l’anglais par Jean-François Merle, aux éditions 10-18, collection Fleuve Noir, « Domaine étranger », 499 p., ISBN 978-2-264-04993-3.



L’affaire Jane Eyre

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En voilà un titre pas bien affriolant. Car pour certains, dont moi !, Jane Eyre, ça sent la naphtaline et le mièvre comme on n’en fait plus… Heureusement que je n’avais rien d’autre à lire ce soir là. Sans la forte dose de résignation qui m’a alors envahi et conduit à me saisir du livre (tout en me maudissant d’avoir mis 1€ là-dedans et de l’avoir transporté pendant tout un après-midi de brocante), ce blog n’existerai pas. Vous tremblez ? Moi aussi. 

D’abord, L’affaire Jane Eyre, ça n’est pas Jane Eyre. D’ailleurs, on peut lire le premier sans avoir lu le second (ce qui est bien mon cas… aïe, pas sûr qu’avec cet aveu, vous me jugiez encore digne de tenir un blog littéraire ; mais j’ai lu – et aimé – Bel  Ami, alors, un partout balle au centre). Bon, du roman de l’aînée des soeurs Brontë, il est évidemment question, et je ne dis pas que parfois, on ne s’imagine pas qu’on rate certainement un truc. Mais ça reste extra-ordinairement savoureux. Foi de Pickwick, et avec ou sans l’aide de Charlotte, vous allez vous régaler.

Ensuite, dodo ne saurait mentir, il faut vous accrocher pendant, disons, les 10 premières pages.  10 pages, peut-être 15, pendant lesquelles on se demande franchement ce qu’on fait là nom de nom, s’il n’y a pas un autre roman qui nous attend patiemment sur l’étagère, et surtout mais quelle est donc cette nouvelle drogue dont l’auteur fait discrètement mais indiscutablement l’apologie.

Passé ce flottement, bref mais probable, c’est la révélation : ce bouquin est tout simplement épatant. 

C’est qu’il faut se faire à l’idée que ce roman n’est pas tout à fait comme les autres. Le Conseil des genres a d’ailleurs longuement hésité entre « thriller littéraire » et « conte fantastique ». J’ai moi-même suggéré la catégorie des romans d’enquètes littéraires dans un monde absurde – à moins que ce ne soit l’inverse - mais passons.

Thursday Next, c’est un peu la fille cachée de Lewis Caroll et d’Orson Wells. Pour employer une technique éculée, mais non moins efficace, imaginez la recette suivante : transportez le Pays des Merveilles en 1984 ; invitez Terry Gilliam, les 4 Fantastiques, et bien sur, une certaine Jane ; ajoutez un adorable dodo de compagnie (plock !), remuez, humez, dégustez, et vous comprendrez mon engouement pour le plus formidable des romans qui m’ait été donné d’ouvrir dernièrement.

Bonne plock à tous !

 

L’affaire Jane Eyre (The Eyre Affair), par Jasper Fforde (2001), traduit de l’anglais par Roxane Azimi, aux éditions 10-18, collection Fleuve Noir, « Domaine étranger », 410 p., ISBN 2-264-04207-9).



Plock !

Soyez les bienvenus dans le blog littéraire de Pickwick. 

Qu’allez vous trouver en entrant dans ce blog ?  Avant tout, et dans le désordre : des livres, des livres, des livres… mais aussi des livres, oui, oui, oui, promis.

Petite plongée dans la littérature donc. Tout spécialement, dans la littérature étrangère, américaine, russe, britannique, scandinave… et même française (parce qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un). Du réalisme à l’absurde, du polar à l’introspection, c’est no limit.

Enfin, presque. Vous ne trouverez pas ici, sauf exception de type  »c’était mon anniversaire », les toutes dernières parutions. Je me nourris de livres de poches et/ou d’occasion pour plein de raisons.

Avant tout parce que la lecture doit être accessible à tous et gnan gnan gnan (le pire étant que je le pense vraiment). Je n’aurai donc pas la conscience tranquille d’allécher le visiteur avec une petite merveille… qu’il ne sera pas dignement possible de se procurer.

Mais aussi parce que recycler, c’est écolo. Ayé, Pickwick va passer pour un bel emm…

En dépit de ces particularités, c’est toujours un blog littéraire de plus… Disons-le d’emblée : je n’ai en aucun cas la prétention de faire mieux, loin de là. J’ai simplement envie de faire différemment. Les paris sont ouverts.

Avertissement au lecteur : entrer dans le monde de Pickwick, c’est aussi un peu comme fouiner dans la sacoche de Mary Poppins armé d’un inventaire à la Prévert. On y trouve des petites choses qui le dépassent, et des grandes choses… on en cherche encore. Donc pas de haro sur les digressions, je les aime autant que les marshmallows.

Bonne plock à tous.

 

Vous l’aurez compris : toutes ressemblances avec les intrigues et les personnages de Jasper Fforde ne sont ni fortuites, ni involontaires… hommage sous forme d’emprunt, j’espère faire ainsi honneur à celui qui a bouleversé ma perception de la littérature. Je remercie également les traducteurs du monde entier, sans qui ma vie ne serait définitivement pas la même.

 



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