Concours – Nos amis les marque-ta-page

Que ferions nous sans ces merveilleux marque-ta-page ?

(ben nous recommancerions toujours du début, c’te question. Oui, j’adore le sketch de Dany Boon).

Donc pour rendre hommage au meilleur ami du lecteur, il fallait bien un petit concours !

Si vous êtes partant(e)s, il vous suffit de glisser la photo de vos marque-page les plus beaux, les plus originaux, le plus barrés dans un petit billet sur votre blog !

Évidemment, vous êtes totalement libres de présenter un ou plusieurs marque-page, de donner ou non quelques explications sur leur sens, leur origine, leur valeur pour vous…

C’est no limit !!

Un livre (au moins) et des marque-page bien sûr pour le ou les gagnant(s)

Le concours est ouvert à tous les blogueurs jusqu’au 2 avril (et n’oubliez pas de me signaler votre participation par comm’ ou par mail, histoire que je ne passe pas à côté… ce serait ballot !).

Des billets récap’ dans les jours à venir et les résultats le 3 avril !!

***

Histoire de lancer le mouvement, voici les miens du moment (ceux qui me suivent à tour de rôle depuis quelques temps).

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- Un super marque-ta-page Chagall offert par Tinusia !! Merci encore !!

- Une photo de ma grand-mère avec moi bébé dans les bras. Elle avait une vague ressemblance avec la reine d’Angleterre, j’adore.

- Un ticket d’entrée dans un petit théâtre de Lyon. « Human Profit » était vraiment excellent !

- Une photo de mon petit frangin et moi : qui c’est les stars ???

- Un prospectus de sushi en livraison (JAMAIS de thon rouge, à préciser lors de la commande !)

- Un marque-ta-page fait de mes propres petites palmes ! Hommage à la bière chinoise.

- Le professeur Banny ! J’adore ces petits prospectus (qui doivent rester à l’état de prospectus, hein !)

- Une chèvre (parce que je suis dingue ce bel animal, mon côté capricorne sans doute !)

- La recette du Tian au comté. Mummmm. Rhaaaa, mais il y a beaucoup trop de nourriture ici !

A vous maintenant !

Edit du jour : ce n’était pas précisé car évident pour moi… mais bien entendu, si le(s) gagnant(s) ne sont pas en France, aucun problème ! J’enverrai les cadeaux au bout du monde : avis aux expat’ et aux francophones de toutes les contrées !

Bonne plock à tous !



Bienvenue à Egypt Farm, par Rachel Cusk

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« Egypt Farm est un lieu magique, hors du temps. Depuis l’adolescence, Michael est habité par l’atmosphère enchanteresse du cette famille loufoque et bohème. Le jour où il manque de perdre la vie, il décide de retourner à Egypt Farm, fuyant son existence morose et sa femme dépressive. Mais les années ont passé et, derrière ses illusions de jeunesse, Michael découvre une noirceur insoupçonnée… » (Quatrième de couverture).

N’y allons pas par chemins détournés : cette lecture fût une vraie déception, notamment parce que le menu annoncé par le résumé n’était définitivement pas au rendez-vous.

« Un lieu magique » ? Il ne suffira pas à Rachel Cusk de décréter que Michael conserve une merveilleuse impression de son passage à Egypt Farm pour créer une « atmosphère enchanteresse » censée poursuivre le lecteur… Dans ce premier chapitre de souvenirs, les évocations m’ont semblées fuyantes. A tel point que j’ai attendu d’autres flash-back : je n’envisageais pas une seconde que cette entame allait suffire à mettre en place la trame sur laquelle tout le roman repose. Une attente vaine ; mais ce n’était pas la dernière…

« Une famille loufoque et bohème » ? La famille Hanbury m’a surtout semblé par de nombreux aspects assez ordinaire. Et ses quelques travers bien peu consistants. Une famille recomposée, dans laquelle l’ex et la nouvelle femme s’entendent ou font semblant ? Une famille qui organise des soirées jusqu’au petit jour et qui accueille le tout venant ? Hum… ? Oh, l’adolescente (18 ans quand même) que l’on laisse se faire peindre nue par un artiste de passage ? So what ? Bref, si Michael a trouvé cette famille « très inhabituelle« , de mon côté, je cherche encore.

Rapidement, le roman m’a donc paru assez bancal, car, l’intrigue – si tant est que l’on puisse parler d’intrigue – est construite sur la fuite des illusions. Or, comment ressentir cette rupture entre le souvenir et la réalité, entre l’ordinaire et le particulier, dès lors que les premiers ont été négligés ?

Quant à la « noirceur insoupçonnée« , je ne peux pas expliquer à quel point la déception fut grande sans vendre la fin – décevante donc, mais je radote. Les personnages féminins, plutôt intéressants au départ, tournent à la caricature : Rebecca, la femme rebelle et tourmentée ; Lisa, la femme conformiste et dirigiste ; Caris, la femme assumée et fantasmée…

Plus généralement, la volonté de Rachel Cusk de construire une histoire sur des oppositions m’a semblé virer au manichéisme primaire : gens de la ville contre gens de la campagne, élan artistique contre besoin de normalité, mère envahissante contre mère (ultra) distante, et – ma préférée – amateurs de maisons anciennes contre partisans de constructions récentes. Hum.

Quant au style… pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué ? Des phrases alambiquées mais vides de substance – et difficile de n’y voir qu’une simple maladresse de traduction. Il est certes quelques dialogues (en particulier les affrontements entre les personnages) qui se lisent avec plaisir, mais cela n’a pas suffit à me faire adhérer à une histoire sur laquelle j’ai glissé, j’ai peiné et désespéré de trouver de l’intérêt.

Merci à  47286519 et aux éditions 084e7cdd5e2d0eafdeff599084837.jpgpour ce partenariat !

Bonne plock à tous !

Bienvenue à Egypt Farm (In the Fold), par Rachel Cusk (2005), traduit de l’anglais par Justine de Mazères, aux éditions Points (2010), 287 p., ISBN 978-2-7578-1512-0.



Rien que pour vos plocks

Les plocks du dimanche sont l’occasion de mettre en lumière les jolies choses de la blogosphère. En ce jour du printemps, comme une évidence, j’ai jeté mon dévolu sur le blog de Laurence :

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Ce n’est pas, à mon sens, un blog de photo ordinaire. Il m’a toujours semblé tenir un je-ne-sais-quoi de plus…

… car non seulement Laurence fait des photos épatantes, mais en plus elle sait les mettre en valeur à travers de belles chroniques. Ce billet sur les robes de princesse en séduira certainement plus d’une ! Quant à moi, j’ai adoré trembler en Ligurie

… car non seulement son blog est un petit bijou pour les yeux, mais il l’est aussi pour le coeur : ses voyages offrent une sublime ouverture sur le monde. Dernièrement, elle nous fait visiter Constantine, ses salons de coiffures, ses mariages

… car non seulement Laurence partage aussi ses lectures, mais en plus elle s’en inspire pour créer ses images ! Elle accompagne ses billets littéraires de photos captées pour l’occasion : sa petite bibliothèque pourrait tout spécialement plaire aux amateurs de littérature. Un seul regret, qu’il n’y en ait pas davantage ! D’ailleurs, j’avais déjà craqué sur la photo illustrant son billet sur Wilt

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Wilt, par Laurence Chellali, Photo-folle, 2010.

 ***

Décidément, Photo-folle a ce je-ne-sais-quoi de plus… certainement une touche de charme, un soupçon de poésie, et beaucoup - beaucoup – de chaleur humaine. Un grand merci à Laurence donc et longue vie à son blog !

Bon plock du dimanche !

 



Qu’ai-je donc fait hier ?

C’est sûr, vous vous êtes posé la question.

Comment ça, non ?

Hum.

Bon, c’est pas grave. 

Et pis je vous le dis quand même.

Oui, j’étais  !

http://www.dailymotion.com/video/xceyg0

Et ça valait vraiment le coup d’oeil. Si si si. On en fait tout un ramdam’ de cette expo. Avec un titre (« Strip-tease intégral de Ben« ) pas racoleur pour deux sous et trois caouètes. 

Mais oui, c’était vraiment bien. Un joyeux bordel. Du réjouissant, de l’interpellant, du réflechissement. Certaines salles un peu moins subjuguantes que d’autres, mais il y en a tellement, on se dit presque « tant mieux », sans quoi on y serait encore, parce que c’est grand, vraiment grand (3 étages, bien bien bien remplis, je ne sais combien de salles, bien bien bien chargées). 

Avant d’oublier, je vous glisse un lien vers un site (Tout Pour Les Yeux) que je l’adore pour se programmer des expos où que l’on soit, où que l’on aille (dans l’hexagone)…

Bonne plock à tous !



Fuck America, par Edgar Hilsenrath

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Âmes sensibles s’abstenir. Amateurs d’histoires fortes, d’histoires inspirées d’un vécu et d’histoires dans l’Histoire, ne surtout pas faire l’impasse !

Voilà un livre très difficile à résumer. Je m’en remets exceptionnellement au quatrième de couverture de mon édition (Points) qui est particulièrement bien fait. « Tout juste débarqué aux États-Unis, Jacob Bronsky erre dans le New York miteux des années 1950, parmi les clodos et les putes. L’American Way of Life ? Comprend pas. Le rêve américain ? Encore moins. Enchaînant les jobs minables, Jacob Bronsky n’a que deux obsessions : soulager son s*xe et écrire un roman sur son expérience des ghettos juifs. Un futur best-seller à coup sûr !« . Quant à l’auteur, Edgar Hilsenrath, il « a connu les ghettos pendant la guerre, avant de s’exiler à New York. Ses livres connaissent d’abord le succès aux États-Unis, avant de devenir des best-sellers en Allemagne« …

Voilà un livre très difficile à cerner. Trash, dérangeant, politiquement incorrect comme j’ai rarement vu. Bronsky avoue tout : les petits boulots qu’il méprise, et le système à travers eux ; le s*xe crade et les fantasmes de vi*l ; les minables escroqueries réalisées pour écrire en paix son livre, un livre sur les ghettos et la fuite d’Allemagne dont il n’arrive pas à se souvenir – ou à se départir ? 

Voilà un livre très difficile à raconter. Un livre trempé dans le glauque, rien ne nous est épargné. La plume est vive, tendue, dérangeante. Extraits.

« T’as un job ? - Non. - Pourquoi non ? - Parce que non. - T’as pas envie de bosser, hein ? - Pour une fois, t’as raison. - Pourquoi non ? - Parce que non. » (Chapitre 1)

« J’ai besoin d’un nouveau crayon. J’ai aussi besoin d’une femme. Plus j’écris, plus ma b*te me démange (…). Malheureusement, les putains s’en fichent pas mal, et les jeunes filles « privées » encore plus. Jacob Bronsky ne compte pas » (Chapitre 9)

Voilà un livre très difficile à oublier. Bronsky ne m’a finalement inspiré ni compassion, ni haine, ni pitié, ni même de la peine. Je lui ai simplement souhaité de parvenir à exorciser ses démons – et ce jusqu’à la fin, terrible, dans une dernière partie magistrale. 

Une lecture coup de poing, qui n’est pas passée loin du coup de coeur, et que je recommande donc vivement – en renouvellement mon avertissement.

D’autres avis chez Plaisir à cultiver, Papillon, Renaud, Aurélie, Aurore, Clara et Ingannnmic !

Bonne plock à tous !

A noter : mon édition contient également le premier chapitre de Le nazi et le Barbier, le dernier roman d’Edgar Hilsenrath, à paraître. Un premier chapitre troublant. Évidemment, ce titre est déjà noté sur mon petit carnet de lectures…

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Fuck America, les aveux de Bronsky (Fuck America, Bronsky Gestandnis), par Edgar Hilsenrath (1980), traduit de l’allemand par Jorg Stickan, aux éditions Points (2009), 281 p., ISBN 978-2-7578-1802-2.



Gatsby le magnifique, par Francis Scott Fitzgerald

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Gatsby - ou comment j’ai risqué de passer à côté du magnifique. 

Cela faisait un sacré bail que ce livre trônait dans ma bibliothèque – à me demander s’il n’avait pas le record d’ancienneté des livres non lus. Quelle conner… (oups, reprenons), quelle erreur donc d’avoir tant attendu pour découvrir ce roman. Il faut dire que la tentation avait été grande à plusieurs reprises, mais que le thème – la jeunesse dorée des années folles sur la côte Est des États-Unis – me butait un peu beaucoup quand même.

L’histoire, justement, la voici : Nick se souvient de l’été de ses trente ans passé dans la banlieue new-yorkaise. Il y retrouve une cousine éloignée, Daisy, son mari Tom et son amie Jordan. Ils le convient à dîner, un dîner plein de banalités, à peine réveillé par le coup de fil de la maîtresse de Tom. Le nom de son mystérieux voisin est cependant évoqué - ce mystérieux voisin qui donne party sur party dans son immense propriété, des réceptions dans lesquelles l’alcool coule à flot en dépit de la prohibition.

Nick, comme nombre de jeunes gens de la région, finit par s’y rendre régulièrement et fait la connaissance du fameux Gatsby. « J’avais causé avec lui une demi-douzaine de fois pendant le mois qui venait de s’écouler, et à mon vif désappointement, découvert qu’il n’avait pas grand chose à dire« . Ceci vaut même, à mon sens, de tout ce ballet de personnages pendant le premier tiers du roman. 

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Mais si je m’étais arrêtée là – et j’avoue, j’ai failli – j’aurai fait sans le savoir un fin loupé… La mise en place est certes longuette à mon goût, mais a rétrospectivement pris tout son sens.

Car ensuite,  la ronde des personnages s’enraye, la valse des futiles se grippe et les masques tombent. « Les invités étaient les mêmes, ou du moins, ils étaient du même genre, il y avait la même profusion de champagne, le même tumulte multicolore et polyphonique, mais je sentais dans l’air quelque chose de désagréable, une insidieuse âpreté qui n’existait pas auparavant« .

Les duos vont douloureusement se former et se déformer – un peu à la manière de la Règle du jeu de Renoir. Je ne peux pas en dire davantage sur l’intrigue (ou plutôt sur les intrigues) qui vont se jouer… elles sont simplement aussi terribles que savoureuses. Et ce final !

J’ai refermé Gatsby le magnifique totalement conquise, en me disant que ce roman mériterait presque, à l’instar de certains films, d’être lu une deuxième fois pour l’apprécier mieux encore.

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Et merci à Anjelica qui m’a permis cette lecture commune !

Bonne plock à tous !

Gatsby le magnifique (The great Gatsby), par Francis Scott Fitzgerald (1925), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Victor Liona, aux éditions Livre de Poche, 229 p.



C’est pas la plock

Jean Ferrat bien sûr.

Mais… poésie, amour, politique, nature, mémoire ?

Mémoire.

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*** 

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux
 

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
 Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

Paroles et musique de Jean Ferrat.
***

Mango, Schlabaya, Lystig, TinusiaLa plume et la page et George lui rendent aussi un bel hommage dans le cadre des dimanches poétiques de Celsmoon, tout comme Malika sur son joli blog.

Bon plock du dimanche quand même.



Tous en scène – Vincente Minnelli

Pour rester dans ma quinzaine américaine (des lectures passées et à venir sur les États-unis… concours de circonstance, envie soudaine, tirage au sort dans ma PAL… ne me demandez pas pourquoi en fait !), je me disais que je pouvais vous causer de ma dernière sortie ciné : Tous en scène (The Band wagon), de Vincente Minnelli, un comédie musicale qu’elle est vrai bon pour le moral.

Mais comme je ne sais pas parler des films (déjà que les lectures, bon, hein, voilà quoi), juste je vous mets l’eau à la bouche avec des extraits de ce coup de coeur. Encore que c’est peut-être pas très sympa parce qu’il ne passe pas dans les salles de ciné tradi… c’est vrai j’ai la chance d’habiter non loin d’une salle un peu spéciale – celle des inventeurs du cinéma, les frères Lumière – tenue par Thierry Frémaux. Mais si vous avez un quelconque moyen de pression sur le programmateur de votre cinéma de quartier, c’est le moment de sortir les infos compromettantes !

Je n’ai pas résisté à l’envie de vous présenter ‘Les triplets’, ma scène préférée que j’étais méchamment contente de la retrouver sur le net.

Image de prévisualisation YouTube

Avec en bonus une spéciale dédicace à toutes les grandes romantiques de la blogo : la scène de la danse dans la nuit… juste irrésistible (surtout la fin les filles !)

http://www.dailymotion.com/video/x38uox

Pour les lyonnais(e)s ou tout comme, ou pour celles et ceux qui feraient le déplacement dans la ville, sait-on jamais, jetez un oeil au reste de la programmation du moment !

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Site de l’institut Lumière 

Bonne plock à tous !



Mort à la Fenice, par Donna Leon

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C’est Chocolatée (SBF) qui m’a proposé cette lecture dans le cadre du Challenge Caprice et je l’en remercie ! Pas de (mauvaise) surprise dans son choix. Mort à la Fenice est un polar de bonne facture qui correspondait parfaitement à mes attentes du moment.

Une lecture vraiment sympa, en particulier grâce au cadre de l’intrigue - Venise, son brouillard impossible, ses  maisons introuvables dans ses ruelles étroites, ses bateaux-bus sur ses légendaires canaux (et sa non moins légendaire corruption), une belle matière dont Donna Leon a su tirer parti. De quoi entrevoir la Sérénissime sans s’ennuyer un instant.

Dès les premières pages, j’ai plongé très facilement. Nous sommes donc à la Fenice de Venise, et la représentation de La Traviata doit reprendre après l’entracte sur son troisième et dernier acte. Mais le chef d’orchestre ne réapparaîtra jamais : il est retrouvé mort dans sa loge.

L’enquête commence alors de manière presque trop conventionnelle. Elle est même un poil mécanique dans les 50 ou 60 premières pages. On suit, jour par jour, heure par heure, le commissaire Brunetti explorant les premières pistes, se penchant sur le noir passé du chef d’orchestre, temporisant la presse et sa hiérarchie.

Les interrogatoires sont même rendus par le détail : le moindre regard fuyant, la moindre hésitation dans une réponse, l’étonnement ou l’agacement du suspect, tout cela nous apparait avec précision, rendant le récit très « visuel ». Je ne serai pas étonnée de voir ce polar adapté à l’écran, tout est déjà présent !

Puis, passé la centaine de pages, Mort à la Fenice prend défintivement son envol. Les personnages prennent enfin de l’épaisseur : les suspects d’abord, le mort ensuite, le commissaire Brunetti enfin. Lui, qui m’apparaissait presque insipide jusqu’ici, gagne en profondeur à mesure que son enquête avance. Sa réserve, sa sobriété, sa perspicacité dans l’analyse des comportements humains en font un personnage bigrement intéressant.

Et surtout, les pistes, jusqu’ici savamment distillées, vont progressivement se resserrer. Pas de courses poursuites effrenées, tout est question d’observation, de déduction et de recoupement. Et le dénouement est juste parfait, convaincant et même si pas très surprenant pour qui a lu entre les lignes !

Encore une fois, un polar de bonne facture ; et il y a de fortes chances de me voir tourner de nouveau autour d’une enquête signée Donna Leon pour une lecture de détente !

Lu dans le cadre du challenge Caprice organisé par Cocola’s

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Bonne plock à tous !

Mort à la Fenice (Death at La Fenice), par Donna Leon (1992), traduit de l’anglais par William Olivier Desmond, aux éditions Points, 284 p., ISBN 2-02-034037-2. 



L’Histoire d’un mariage, par Andrew Sean Greer

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En ouvrant ce livre, j’ai rencontré Pearlie Cook. Cette femme m’a invité à m’assoir sur un banc et m’a raconté une histoire, l’histoire de son mariage, et par delà, l’histoire de sa vie.

Surtout ne pas s’arrêter au titre si, comme moi, le mot ‘mariage’ vous fait fuir. C’est une belle écriture, sans pathos, souvent sur le fil. J’ai pris plaisir à écouter Pearlie raconter sa vie. J’ai aimé la pudeur qu’elle a mis sur des thèmes délicats à manier (la solitude, le sentiment de rejet ou d’abandon).

Pearlie et son mari se sont connu adolescents, dans le Kentucky. La guerre ne leur a pas laissé le temps de s’aimer davantage. Il est devenu soldat, elle est partie pour la Californie. Plusieurs années après, ils sont tous deux à San Francisco, ils se retrouvent par hasard, ils se marient, ils élèvent un garçon et un chien muet. En 1953, alors que les États-Unis sont empêtrés dans une nouvelle guerre, Charles « Buzz » Drumer sonne à leur porte et va bouleverser ce bonheur de surface.

 Il y a une vraie trame, du suspens même, dont on se demande s’il va tenir tout le roman pour être parti si vite. Et bien oui. Il monte même en puissance. Quatre chapitres dont chacun se termine sur une révélation qui fait permet à l’histoire de rebondir – les cliffhanger sont efficaces. Certes, les nombreux tête-à-tête entre Pearlie et Buzz ou ses réflexions convenues sur le mariage m’ont parfois lassé ; mais je l’ai laissé parler, car j’ai finalement trouvé que l’intérêt de cette histoire était ailleurs.

L’histoire de Pearlie n’est pas un roman d’amour, c’est un roman de guerre. Son récit est profondément imbriqué dans l’histoire américaine - côté verso. La vie de Pearlie s’est construite malgré, ou à cause, de l’intolérance et du bien-pensant des années 50 : la chasse aux sorcières, la ségrégation, la guerre de Corée et le souvenir de celle qui précède. Pearlie – enfin, je veux dire Andrew Sean Greer – maîtrise parfaitement le flash-back, technique périlleuse s’il en est et qui, ici, loin de perdre le lecteur, donne toute son épaisseur au récit.

« C’est ainsi que passait nos soirées : à table, avec de la bière et de vieilles histoires qui n’éclaircissaient rien. J’eu l’idée de confectionner un gâteau qui (…) devint une tradition, et ce qu’il y avait là de ridicule nous faisait rire. Nous avions tous trois grandi pendant la crise des années trente, sans gâteaux, survécu sans beurre à une guerre, voilà que nous mangions du gâteau chaque soir« .

Pearlie a raconté son histoire jusqu’au bout, elle ne m’a pas laissé sur ma faim. Puis elle est repartie, elle m’a laissé là, sur le banc, encore sous le coup de son histoire, face à l’océan et tournant le dos au reste de l’humanité.

Je ne peux que vous encourager à vous asseoir sur ce banc et sentir, vous aussi, monter une colère sourde, une mélancolie amère et un besoin urgent de tolérance. 

L’avis de Titine qui a aussi été emballée, et de Chaplum, positif, même si mitigé pour d’autres raisons !

Bonne plock à tous !

L’histoire d’un mariage (The Story of a Marriage), par Andrew Sean Greer, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Suzanne V. Mayoux, aux éditions Points, 264 p., ISBN : 978-2-7578-1648-6.

 



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