Mort à la Fenice, par Donna Leon

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C’est Chocolatée (SBF) qui m’a proposé cette lecture dans le cadre du Challenge Caprice et je l’en remercie ! Pas de (mauvaise) surprise dans son choix. Mort à la Fenice est un polar de bonne facture qui correspondait parfaitement à mes attentes du moment.

Une lecture vraiment sympa, en particulier grâce au cadre de l’intrigue - Venise, son brouillard impossible, ses  maisons introuvables dans ses ruelles étroites, ses bateaux-bus sur ses légendaires canaux (et sa non moins légendaire corruption), une belle matière dont Donna Leon a su tirer parti. De quoi entrevoir la Sérénissime sans s’ennuyer un instant.

Dès les premières pages, j’ai plongé très facilement. Nous sommes donc à la Fenice de Venise, et la représentation de La Traviata doit reprendre après l’entracte sur son troisième et dernier acte. Mais le chef d’orchestre ne réapparaîtra jamais : il est retrouvé mort dans sa loge.

L’enquête commence alors de manière presque trop conventionnelle. Elle est même un poil mécanique dans les 50 ou 60 premières pages. On suit, jour par jour, heure par heure, le commissaire Brunetti explorant les premières pistes, se penchant sur le noir passé du chef d’orchestre, temporisant la presse et sa hiérarchie.

Les interrogatoires sont même rendus par le détail : le moindre regard fuyant, la moindre hésitation dans une réponse, l’étonnement ou l’agacement du suspect, tout cela nous apparait avec précision, rendant le récit très « visuel ». Je ne serai pas étonnée de voir ce polar adapté à l’écran, tout est déjà présent !

Puis, passé la centaine de pages, Mort à la Fenice prend défintivement son envol. Les personnages prennent enfin de l’épaisseur : les suspects d’abord, le mort ensuite, le commissaire Brunetti enfin. Lui, qui m’apparaissait presque insipide jusqu’ici, gagne en profondeur à mesure que son enquête avance. Sa réserve, sa sobriété, sa perspicacité dans l’analyse des comportements humains en font un personnage bigrement intéressant.

Et surtout, les pistes, jusqu’ici savamment distillées, vont progressivement se resserrer. Pas de courses poursuites effrenées, tout est question d’observation, de déduction et de recoupement. Et le dénouement est juste parfait, convaincant et même si pas très surprenant pour qui a lu entre les lignes !

Encore une fois, un polar de bonne facture ; et il y a de fortes chances de me voir tourner de nouveau autour d’une enquête signée Donna Leon pour une lecture de détente !

Lu dans le cadre du challenge Caprice organisé par Cocola’s

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Bonne plock à tous !

Mort à la Fenice (Death at La Fenice), par Donna Leon (1992), traduit de l’anglais par William Olivier Desmond, aux éditions Points, 284 p., ISBN 2-02-034037-2. 



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