Retour au bercail !

Vous pourrez retrouver ici les billets publiés sur mon blog de secours.

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The portrait of a Lady Swap : dénouement du Swap organisé par Lou et Titine ! Venez découvrir ce que ma swappeuse m’avait réservé…

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Une vie moins ordinaire, film réalisé par Danny Boyle, qui s’inscrit dans la challenge « Ewan vs Christopher » organisé par Chryssilda et Titine.

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Quand souffle le vent du nord, par Daniel Glattauer. Une très belle lecture, et je remercie encore Keisha pour ce livre-voyageur !

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Bonne plock à tous !



Turpitudes, par Olivier Bocquet

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Rencontré à l’occasion du festival Quais du polar, Olivier Bocquet avait su m’intéresser. J’avais donc acheté son premier livre ; c’était moins l’intrigue qui m’avait tenté que notre goût commun pour Tom Sharpe et Jasper Fforde.

Et j’en avais presqu’oublié Turpitudes… quelle erreur ! Ce polar a été primé par des internautes plein de sagacités. Et dispose d’un quatrième de couverture digne de ce nom.

« Décembre 2003. Fontainebleau fait la une des journaux à trois reprises : un meurtre particulièrement barbare trouble la quiétude des habitants ; une émeute sanglante secoue la ville ; et, pour la première fois en France depuis le XIXe siècle, une épidémie de dysentrie se répand dans les rues comme une traînée de poudre. Ce que la presse ignore, c’est que ces trois évènements sont liés… ».

La question qui se pose (et à laquelle répondra parfaitement l’auteur !) est  »comment en est-on arrivé là ? » … et j’aimerai beaucoup en dire davantage, mais la découverte de l’intrigue fait partie intégrante du plaisir de lecture ! Je m’abstiens pour le laisser intact…

Mais tout de même : Turpitudes est construit sur une narration alternée particulièrement habile. Des chapitres courts, qui croisent les voix de personnages liés entre eux d’une manière ou d’une autre. Des personnages bien foutus, pas toujours crédibles dans leurs actes, mais qui ne laissent pas indifférents. Tour à tour, on les soutiens, on les moque, on les conspue… et surtout, on décolle progressivement les étiquettes que leurs diverses origines sociales leur avaient imprimé.

Voilà une intrigue vraiment bien construite - et j’en veux pour preuve ce signe qui ne trompe pas : les pages se tournent à une vitesse prodigieuse. Parce que c’est fluide, très bien écrit, totalement captivant.  Mais aussi très réaliste, dérangeant, amer et, en même temps, bourré d’humour.

Bref, un polar bigrement intelligent que je recommande très volontiers.

Bonne plock à tous !

PS : comme il s’agit d’un premier roman, petite présentation de l’auteur    photo03111.jpg

« Olivier Bocquet est né à une époque où l’on considérait sans rire qu’il était possible d’aménager son salon avec des meubles gonflables. Il ne s’en est jamais vraiment remis. Issu du croisement entre un french lover et une correspondante anglaise, il babille bilingue très tôt : sa première question est : « pourquoi not ? » (…). L’apprentissage de la lecture lui est fatal : depuis lors, il vit dans la fiction. C’est pourquoi, de manière générale, il vaut mieux se méfier de ce qu’il raconte« . 

Turpitudes, par Olivier Bocquet (2010), aux éditions Pocket, 338 p., ISBN 978-2-266-20071-4.



Un train pour Trieste, de Domnica Radulescu

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Un train pour Trieste, ou la vie de Mona, née à Bucarest sous la dictature, des années 60-70 jusqu’à nos jours. Bien que l’auteur s’en défende, difficile de ne pas y voir un fort caractère autobiographique, tant le récit respire le vécu et les parallèles sont nombreux.

Adolescente, Mona tombe dans les bras de Mihai ; il faut dire qu’elle a terriblement besoin de légèreté. Parce que Mona vit de plein fouet la chape qui plombe la Roumanie et qui s’accentue lorsque Ceaucescu arrive au pouvoir. Parce son quotidien, c’est parfois la faim et très souvent la peur – en particulier pour son père, intellectuel et résistant de l’ombre. Et puisqu’il faut se méfier de tout le monde, pourquoi pas de Mihai ?

Un jour qu’elle se moque du « Guide bien aimé », il la rabroue. « Dois-je l’embrasser ou le gifler ? Il plaisante, me dis-je avec fermeté. La preuve ? Il écoute Ella Fitzgerald et les Beatles. Je peux lui faire confiance. Je peux l’aimer. J’entends un train siffler« .

Il est question d’une histoire d’amour certes : mais elle est surtout (me semble-t-il) un prétexte. Pour raconter la terreur, l’angoisse, les démons qui nous poursuivent s’ils ne sont pas affrontés un jour ou l’autre. La romance est aussi ce par quoi la véritable trame du roman prend corps : le train pour Trieste, celui qui permettra de fuir, fuir la faim, fuir la peur, fuir les blousons noirs qui viennent tabasser votre famille à l’heure du coucher. Et de construire enfin sa vie, qui sait… mais sur quelles bases ?

En vérité, il y a longtemps que j’aurai du vous parler du récit de Domnica Radulescu. Mais ce livre a vraiment quelque chose de particulier. Il n’est même pas passé par la salle d’attente de ma bibliothèque : à peine ouvert pour le feuilleter que j’avais déjà avalé une cinquantaine de pages. C’est dire son pouvoir d’attraction et l’interêt que j’ai porté à cette histoire. Sans oublier la clarté de son style, simple et sans prétention.

Je m’aperçois que ma présentation n’est certainement pas des plus alléchantes – et pourtant ! Ce fut un immense plaisir de lecture. Et l’aveu me coûte, mais je tiens à être sincère jusqu’au bout : j’ai même versé quelques larmes sur la fin. Et je suis bien embêtée de ne pas pouvoir expliquer plus en avant ce moment d’égarement.

Une lecture recommandée les yeux fermés à ceux qui aiment les destins de femme, l’Histoire - en particulier des pays de l’Est -, les histoires d’amour impossible, les histoires de famille (un quasi-témoignage passionant pour ceux qui s’interessent à la psycho-généalogie), les bios même romancées, les récits de clandestinité ou de déracinés… bref, à tout le monde en fait !

Juste une chose : heureusement que je n’ai pas pris le temps de regarder le quatrième de couverture, qui révèle trop de choses selon moi. Ce n’est certes pas un livre à suspens, mais il mérite vraiment d’être approché au rythme voulu par l’auteur, ou du moins à sa manière.

L’avis de Catherine que je remercie vivement pour m’avoir donné envie de lire ce livre.

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Lu dans le cadre du challenge Europe Centrale et Orientale organisé par La Plume et la page - La Roumanie est donc la deuxième étape de mon voyage après la République Tchèque.

Bonne plock à tous !

Un train pour Trieste (Train to Trieste), par Domnica Radulecu (2008), traduit de l’anglais par Karine Reignier, aux éditions Belfond (2010), 360 p., ISBN 978-2-7144-4460-8. 

 



Saga, par Tonino Benacquista

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« Si une chaîne réunit dans une même pièce un jeune scénariste fringant prêt à travailler gratuitement, une pisse-copie du roman rose, un SDF fatigué et un vieil has-been, c’est qu’il y a certainement un couille dans le potage ! ». En voilà un beau résumé.

Une idée sympatoche au départ. Quatre personnes réunies pour pondre une daube télévisuelle, de la saga comme on n’en fait plus. Le hic ? Le sit-com en question a vocation à n’être diffusée qu’à 4h du mat’.

Pourtant, entre Marco, le narrateur (« devenir scénariste, c’est ma seule ambition dans l’existence« ), Mathilde, la « midinette professionnelle« , Jérôme, qui tient du génie spoilé et incompris, et Louis, le « vieux cheval de labour qu’on garde en vie parce qu’il connaît bien la route« , tout fonctionne vite et bien. 

On leur permet de faire n’importe quoi, et ils ne vont pas se gêner.

Dans ce quasi huis-clos, les autres, c’est surtout l’émulation. Dedans, les rapports humains sont fait d’amitiés, de complicité, de complémentarité. Dehors en revanche, tout n’est qu’incompréhension. Avec Séguret, le directeur des programmes que l’on fait tourner en bourrique, avec Charlotte aussi, la compagne de Marco, dont l’histoire de couple constitue une trame secondaire plutôt intéressante.

Une première partie qui fonctionne donc très bien ! Je ressens une agréable montée en puissance dans toute la première moitié du roman. L’écriture est fluide, légère, l’entrée en matière immédiatement séduisante.  

Tout allait bien donc…. jusqu’au milieu du roman. Mon plaisir de lecture initial n’a pas survécu à la fin du huis-clos. Lorsque le quatuor explose, c’est tout le liant de la trame qui s’est effondré sous mes yeux. Le début d’une longue dégringolade : plus d’adhérance, plus d’engouement, plus beaucoup de sens… rien de désagrable, mais le charme est rompu.

C’est ce qui s’appelle un avis mitigé ! Tant que les personnages ont des choses à faire, on les regarde, on se distrait, on prend partie ; dès lors qu’ils sont lâchés dans le tout et rien, l’ennui gagne sournoisement. 

Et pourtant, je ne regrette pas du tout cette lecture ! Étrange ? Oui et non. Disons que c’est sans prise de tête aucune. Un vrai moment de détente malgré tout, pas le moindre soupçon d’agacement ou d’irritation malgré ma déception : ça reste léger et divertissant. Donc pourquoi pas ?

D’ailleurs, de nombreux avis enthousiastes sur la blogo : Keisha, Karine:), La plume et la page (plus mitigé chez Marie ; et plein d’autres commentaires chez BOB).

Bonne plock à tous !

Saga, par Tonino Benaquista (1997), aux éditions Folio, 439 p., ISBN 2-07-040845-0.



Délicieuses pourritures, par Joyce Carol Oates

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Délicieuses pourritures, un livre court, lu d’une traite. Impossible de m’arrêter. Je l’ai juste dévoré. A moins que ce ne soit lui qui m’ait dévoré, et tout cru en plus. J’espère que vous excusez ce billet mal foutu, c’est pas mon genre de dénoncer, mais là, c’est clairement la faute de Joyce Carol Oates…

Gillian avait vingt ans. Elle était étudiante, dans un campus ravagé par de faux incendies et par de vraies souffrances. Des mois passés à désirer, comme tant d’autres, son professeur de littérature, qui pousse ses étudiantes dans leurs derniers retranchements.

« André Harrow était verbeux, tyrannique« .

« Son humour pouvait être cruel (il citait certains de nos vers pour souligner leur faiblesse) mais il n’était jamais méchant. Si nous essuyions une larme, si nous nous mordions les lèvres pour ne pas pleurer, nous étions aussi flattées« .

Les jeunes femmes entrent dans un jeu de séduction. Sauf Gillian.  »Dans l’amour de loin, on apprend les stratégies du détour« . Gillian, que son professeur surnomme Philomèle, le personnage d’Ovide : « Je ne m’étais pas rendue compte à quel point elle était horrible« . « Mais la muette Philomèle n’est pas une victime facile (…) elle se venge atrocement de son violeur (…) Une fin heureuse donc. Est-ce si sûr ?« .

Mais comment Joyce Carol Oates fait-elle pour concentrer tant de « bombes » en un si petit nombre de page ? L’amour n’est pas seulement destructeur, l’amitié pas uniquement pervertie, la folie plus que contagieuse…

Les jeunes femmes s’observent - mais ferment les yeux. Elles s’admirent – tout en se jalousant. Elles s’interrogent – mais ne veulent pas vraiment savoir, savoir pourquoi ce campus est ravagé par de faux incendies et par de vraies souffrances.

Une vraie claque littéraire, comme je les aime ! Une trame angoissante, superbement construite, une plume rythmée, épurée, et, au comble de mon enthousiasme, un final en apothéose (je souriais, je riais même – et pourtant !). 

Mon premier Oates, et selon moi un roman idéal pour découvrir cet auteur !

Les avis de Gabrielle, de Ys et de Liyah.

Bonne plock à tous !

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Lu dans le cadre du challenge Oates organisé par George !

Délicieuses pourritures (Beasts), par Joyce Carol Oates (2002), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Seban, aux éditions J’ai Lu, 126 p., ISBN 978-2-290-34188-9.



Fuck America, par Edgar Hilsenrath

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Âmes sensibles s’abstenir. Amateurs d’histoires fortes, d’histoires inspirées d’un vécu et d’histoires dans l’Histoire, ne surtout pas faire l’impasse !

Voilà un livre très difficile à résumer. Je m’en remets exceptionnellement au quatrième de couverture de mon édition (Points) qui est particulièrement bien fait. « Tout juste débarqué aux États-Unis, Jacob Bronsky erre dans le New York miteux des années 1950, parmi les clodos et les putes. L’American Way of Life ? Comprend pas. Le rêve américain ? Encore moins. Enchaînant les jobs minables, Jacob Bronsky n’a que deux obsessions : soulager son s*xe et écrire un roman sur son expérience des ghettos juifs. Un futur best-seller à coup sûr !« . Quant à l’auteur, Edgar Hilsenrath, il « a connu les ghettos pendant la guerre, avant de s’exiler à New York. Ses livres connaissent d’abord le succès aux États-Unis, avant de devenir des best-sellers en Allemagne« …

Voilà un livre très difficile à cerner. Trash, dérangeant, politiquement incorrect comme j’ai rarement vu. Bronsky avoue tout : les petits boulots qu’il méprise, et le système à travers eux ; le s*xe crade et les fantasmes de vi*l ; les minables escroqueries réalisées pour écrire en paix son livre, un livre sur les ghettos et la fuite d’Allemagne dont il n’arrive pas à se souvenir – ou à se départir ? 

Voilà un livre très difficile à raconter. Un livre trempé dans le glauque, rien ne nous est épargné. La plume est vive, tendue, dérangeante. Extraits.

« T’as un job ? - Non. - Pourquoi non ? - Parce que non. - T’as pas envie de bosser, hein ? - Pour une fois, t’as raison. - Pourquoi non ? - Parce que non. » (Chapitre 1)

« J’ai besoin d’un nouveau crayon. J’ai aussi besoin d’une femme. Plus j’écris, plus ma b*te me démange (…). Malheureusement, les putains s’en fichent pas mal, et les jeunes filles « privées » encore plus. Jacob Bronsky ne compte pas » (Chapitre 9)

Voilà un livre très difficile à oublier. Bronsky ne m’a finalement inspiré ni compassion, ni haine, ni pitié, ni même de la peine. Je lui ai simplement souhaité de parvenir à exorciser ses démons – et ce jusqu’à la fin, terrible, dans une dernière partie magistrale. 

Une lecture coup de poing, qui n’est pas passée loin du coup de coeur, et que je recommande donc vivement – en renouvellement mon avertissement.

D’autres avis chez Plaisir à cultiver, Papillon, Renaud, Aurélie, Aurore, Clara et Ingannnmic !

Bonne plock à tous !

A noter : mon édition contient également le premier chapitre de Le nazi et le Barbier, le dernier roman d’Edgar Hilsenrath, à paraître. Un premier chapitre troublant. Évidemment, ce titre est déjà noté sur mon petit carnet de lectures…

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Fuck America, les aveux de Bronsky (Fuck America, Bronsky Gestandnis), par Edgar Hilsenrath (1980), traduit de l’allemand par Jorg Stickan, aux éditions Points (2009), 281 p., ISBN 978-2-7578-1802-2.



Mêlée ouverte au Zoulouland, par Tom Sharpe

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Mêlée ouverte au Zoulouland est certainement l’un des livres les plus explosifs qu’il m’ait été donné de lire. 

Tom Sharpe a choisi de dénoncer l’apartheid sur un mode tragi-comique, option trash. Un récit à l’image du système sud-africain que l’auteur a connu dans les années 60-70 : cru, cruel, violent, mais aussi totalement grotesque.

Dans la petite ville de Piemburg, il est des flics médiocres. Tout spécialement le kommandant van Heerden - précieux et ambitieux, certainement le seul boer du pays follement mordu des anglais – et le konstable Els, dit le Tueur-de-Caffre, une brutasse finie, doublé d’une crétinerie très avancée. Et il est aussi une notable d’origine britannique qui vient s’accuser du meurtre de son cuisinier zoulou…

« La loi dit qu’il est criminel de tuer des Caffres hors de chez soi. Mais la loi dit aussi qu’il est tout à fait admis et correct de les tuer à l’intérieur« . Or, impossible de convaincre cette vieille Miss Hazelstone, aussi autoritaire qu’excentrique, de déplacer le corps de l’homme qui gît, en mille morceaux, sur sa pelouse… mais ce ne sera pas l’ultime tocade de l’ancienne qui fera tourner en bourrique la police de la ville jusqu’à plus soif.

« Miss Hazelstone répondait au quart de tour à toutes les provocations. Elle se leva et pointa le fusil vers le parc. Le kommandant n’avait pas prévu qu’elle tirerait. Le konstable Els, pour une fois, fit preuve de plus de perspicacité et se jeta par terre. Que l’endroit qu’il choisit fût déjà occupé par un énorme doberman Pinscher ; que le chien en question choisit de refuser au konstable le droit de se vautrer sur lui (…) ; tout cela échappa au kommandant Van Heerden quand Miss Hazelstone, visant un coup en l’air, puis un coup au sol, appuya sur la gachette (…). La fin du monde n’était plus proche : elle venait d’avoir lieu (…). Au centre de la pelouse, le coup de fusil avait ouvert une tranchée (…) dont les bords en dents de scie laissaient échapper ce que le kommandant espérait de tout coeur n’être que de la vapeur« .

Une mêlée ? Un énorme capharnaüm oui ! Force est de reconnaître qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Mais tout m’a semblé passablement brouillon. Les rebondissements s’enchainent à une vitesse prodigieuse, au point que l’action en soit parfois difficile à suivre. Il m’a parfois fallu revenir en arrière pour retrouver le fil des évènements… Et il est des quiproquos à gogo auxquels j’ai fini pas ne plus croire.

C’est d’autant plus dommage que l’on retrouve finalement tous les ingrédients qui constituent aujourd’hui la Sharpe‘s touch : la dérision loufoque dans le ton, l’imbroglio jouissif dans l’intrigue, la satire violente dans le propos.

« - Vous venez souvent par ici ? demanda-t-il.

- A la prison ?

- En Afrique du Sud. Encore que ce soit presque la même chose« .

Il me reste à espérer que la suite de ce premier roman, Outrage public à la pudeur, soit un peu mieux construite… mais tout aussi débridée !

 

Lu dans le cadre du Challenge Safari littéraire organisé par Tiphanya

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Challenge accompli !

Ce fut mon auteur non-africain pour une intrigue située en Afrique, après avoir chroniqué les Poèmes Perdus de Léopold Sédar Senghor comme auteur africain.

Et pour prolonger le plaisir, j’ai fait un tour le blog tenu par le journaliste Sebastien Hervieu installé dans ce pays : l’Afrique du Sud en couleurs. Vraiment très sympa.

Bonne plock à tous !

Mêlée ouverte au Zoulouland (Riotus Assembly), par Tom Sharpe (1971), traduit de l’anglais par Laurence, aux éditions 10-18, collection « domaine étranger », 310 p., ISBN 2-264-01406-7.



Une parfaite journée parfaite de Martin Page

Devinette : quelle auteur française contemporaine bien connue est classée parmi la littérature chick-lit au Royaume-Uni ? Réponse chez L’Ogresse ! C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous invite à découvrir son billet qui interpelle sur la perception d’une certaine littérature française contemporaine à l’étranger.

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Le hasard fait bien les choses donc, puisque L’Ogresse venait de publier ce billet que  j’entamais la lecture d’Une parfaite journée parfaite de Martin Page.

Le narrateur y décrit son quotidien parisien. Un quotidien qu’il ne ressent pas – ou qu’au contraire il ne ressent que trop bien. Un quotidien fait de vacances en ascenseurs, de suicides fantasmés, d’orchestres mexicains et de multiples dysfonctionnements liés à la vacuité des rapports sociaux.

Il est des petites phrases, qui, l’air de rien, au détour d’une page, m’ont touché coulé, et que j’ai lu et relu et noté volontiers. Genre : « Je m’emballe dans mon costume de travail. La cravate est le ruban du paquet cadeau que j’offre chaque jour au capitalisme mondial. C’est très frustrant parce que je suis un cadeau que personne ne déballe. Ils voient l’emballage, ça leur suffit ; qui je suis, ils n’en ont rien à faire« .

Mais j’y ai également trouvé des choses plus convenues, plus faciles, moins séduisantes. Et surtout, surtout, un manque d’intrigue, d’évènements, de ligne conductrice. L’ennui m’a gagné à mi-chemin ; mais il est vrai aussi que l’auteur gardait ses meilleures cartouches pour les derniers chapitres.

Bref, un délirium que ce livre. S’il est parfois difficile à suivre, et s’il n’est pas toujours communicatif, il n’en reste pas moins dérangeant, superbement dérangeant, et poétique avec ça.

En définitive, cette lecture garantit un embarquement immédiat pour des montagnes russes : le très bon succède au moins bon. Mais, ne serait-ce que pour les sommets qu’il peut atteindre, ce livre vaut bien un petit détour. Et laissons à Martin Page le mot de la fin (extrait de la postface) : « Un roman sur le désespoir; mais aussi sur les mécanismes compensatoires à mettre en oeuvre pour ne pas sombrer« .

L’avis de Lou (qui organise un concours avec ce livre à gagner !)

Bonne plock à tous !

Une parfaite journée parfaite, de Martin Page (2002), aux éditions Points (2010 – avec une postface inédite de l’auteur), 112 p., ISBN 978-2-77-81389-8.



La solitude lumineuse de Pablo Neruda

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Pablo Neruda s’est rappelé à mon bon souvenir grâce à aBeiLLe qui a eu la vraie bonne idée de choisir l’un de ses plus beaux poèmes le temps d’un dimanche poétique.

J’ai donc cherché à retrouver l’un de ses textes (assez court pour ne pas accabler ma PAL qui a bien dû entamer sa troisième boîte de prozac – à ma décharge, il était déjà sur mes étagères). La solitude Lumineuse s’est alors imposée comme une évidence.

Il s’agit d’un court récit écrit par un Neruda déjà célèbre – extrait de J’avoue que j’ai vécu, ses mémoires publiées à titre posthume. Le poète chilien se souvient ici de ses premières années d’écriture : jeune consul entre 1929 et 1932, il est installé, chichement, aux Indes, à Ceylan, en Indonésie. 

Il est seul. De cette solitude « dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s’ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure« .

Il est seul, notamment parce qu’il côtoie difficilement les occidentaux installés en Asie. Son propos sur le système colonial est particulièrement incisif. Comme à travers cet épisode dans lequel Neruda, se rendant à un dîner mondain, s’arrête un instant pour écouter une voix qui s’élève dans la rue. Il s’explique sur son retard devant ses hôtes anglais.  »Eux qui avaient vécu vingt-cinq ans à Ceylan montrèrent une surprise élégante. De la musique ? Ainsi les gens d’ici avaient leur musique ? Ils l’ignoraient. C’était la première nouvelle.«  

Il s’installe alors dans une « contemplation solitaire (…) [et] douloureuse« . Il la sait nécessaire, car « l’écrivain jeune ne peut écrire sans ce frisson de solitude« . Mais cette époque est, oui, incroyablement lumineuse. L’Asie, c’est un peu sa caverne, dont il sortira notamment par la musique et surtout en achevant son recueil Résidence sur la terre.

L’écrivain n’épargne personne, et surtout pas lui-même. Le regard de l’homme alors vieillissant n’est pas tendre avec le jeune homme qu’il était, et notamment sur son attitude envers les natives de ces pays.

Le récit s’achève sur un dialogue qui, rétrospectivement, fait froid dans le dos. Et c’est en définitive (et en dépit de scènes difficiles comme la chasse à l’éléphant), mon coup de coeur de ce début d’année 2010. Et je n’ai désormais qu’une envie, lire J’avoue que j’ai vécu dans son intégralité.

 

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C’était une superbe manière de préparer le voyage du challenge Bienvenue en Inde.  Ce n’était pas au programme – comme je l’explique plus haut. Mais ces généreux organisateurs que sont Soukee et Hilde m’ont permis de l’y intégrer puisqu’une partie du récit est situé en Inde.

Lu également par Soukee !

Bonne plock à tous !

La solitude Lumineuse, par Pablo Neruda (1973), extrait de J’avoue que j’ai vécu (Confesio que he vivido), aux éditions Gallimard, collection Folio (2€), 81 p., ISBN 978-2-070-31702-8.



Le brave soldat Chveik, par Jaroslav Hasek

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Le soldat Chvéïk est aujourd’hui célèbrissime en Europe centrale. Il est un peu à la République Tchèque ce que Mr Hulot est à la France, Mr Bean au Royaume Uni ou Pac Man aux jeux vidéo : un personnage emblématique et salutaire.

Prague, 1914. Un archiduc vient d’être assassiné à Sarajevo, et la guerre est inévitable. Le récit commence donc sur des évènements graves qui pourraient laisser augurer d’un roman bien sombre… Que nenni ! C’était sans compter sur ce brave Chvéïk, nigaud patenté et fervent patriote, qui va – à son insu - transformer le funèste épisode de l’entrée en guerre en une superbe bouffonnerie. Ses pérégrinations, dans un monde que Kafka n’aurait certainement pas renié, sont l’occasion de moquer à qui mieux mieux la police, les médecins, l’église et bien sûr l’armée.

Le grotesque et la satire (qui valent à ce personnage d’être éternellement comparé à Don Quichotte) naît certainement du décalage entre le comportement du bonhomme et la situation à laquelle il est confronté. Chvéïk veut à tout prix défendre l’honneur impérial ; pourtant, il va risquer successivement une condamnation pour haute trahison, l’internement, la prison, quand il n’est pas considéré comme un simulateur souhaitant être réformé !

La bêtise de Chvéïk en fait surtout un succulent pince-sans-rire. A l’épouse du cafetier emmené, il répond : « c’est la première fois que je vois condamner un homme innocent à dix ans de prison. Cinq ans passent encore, mais dix, c’est un peu fort de café » (chapitre VI). Et à l’aumônier déprimé par le manque de ferveur religieuse parmi les soldats, « il y avait dans le temps un curé doyen qui, après que sa vieille gouvernante a eu décampé en emportant leur gosse et leur argent, a pris seulement une femme de ménage » (chapitre XII). Un humour très efficace… un temps du moins.

La première partie m’a totalement enthousiasmé. Comme un mélange du Procès (à qui les premiers évènements – les arrestations arbitraires, l’asile, le centre de santé militaire - font indéniablement penser) et du Dîner de cons – sans le dîner.

Arrivé au milieu du récit, une certaine lassitude s’est cependant installée. Le propos de Jaroslav Hasek est toujours aussi acerbe, mais j’ai dû finir par m’accommoder d’un humour un poil redondant. Attention, cette réserve est sommes toute très anecdotique ! J’espère ne vous fera pas renoncer à plonger dans ce livre qui le mérite amplement…

D’ailleurs, une adaptation ciné est visible sur … mais seulement en langue allemande. Après, sans y être familiarisé, j’ai pris grand plaisir à regarder quelques séquences, qui ne sont pas sans rappeler Bourvil ou Charlie Chaplin… avis aux amateurs !

Lu dans le cadre du Challenge Europe Centrale et Orientale

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organisé par La Plume et la Page

Bonne plock à tous !

Edit : je découvre que le récit est dit inachevé sur Wiki (attention au spoiler d’ailleurs). Je rassure, cela ne se sent pas vraiment à la lecture, le dernier chapitre s’intitulant d’ailleurs  »Catastrophe » et constituant, de facto, une très jolie chute !

Le brave soldat Chvéïk (Dobrý voják Švejk), par Jaroslav Hasek (1921-1923), traduit du tchèque par Henry Horejsi, aux éditions Gallimard (1932), 249 p.



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