Le livre virtuel : un test peu concluant !

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La presse en avait parlé ici ou . Ce vendredi, je n’ai donc pas été surprise de trouver dans la newsletter du Monde… un polar. Plus précisément un feuilleton, car Muti, de Caryl Férey, est un court récit découpé en différents « épisodes »- et non chapitres, le vocabulaire choisi est déjà un révélateur.

En quelques mots, il est ici questions deux collègues, flics et amants, chargés d’enquêter sur la disparition du joueur vedette des Bafana Bafana, à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du Monde. Mais assez parlé du fond, sur lequel je ne peux pas me prononcer : mon test fut de courte durée – et voilà pourquoi.

Premier problème : pour défiler à l’écran, le texte est découpé à l’extrême.  Une phrase, deux phrases, trois ou quatre dans le meilleur des cas… c’est bien court pour se plonger littéralement dans l’histoire.

Certes, l’on peut accélérer le rythme de façon manuelle, ou opter pour la « version texte » (qui affiche la page à l’écran dans son intégralité). Mais, dans le premier cas, le procédé devient fastidieux (imaginer devoir tourner la page toutes les deux phrases…), et dans le second, le « visuel » perd tout son intérêt : la page envahit l’écran – et fait disparaître une grande partie du décor – et l’on retombe dans une lecture linéaire. Bref, je ne vois pas de quelconque plus-value. 

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Deuxième problème : il est beaucoup de suppléments, d’applications, de bonus – je ne sais comment les dénommer. Plus précisément, le « lecteur » ou le « visonneur » est invité à cliquer sur des petites boules blanches qui scintillent un peu partout sur l’écran. Chacune d’elle s’ouvre sur un « complément » : un article de presse, le passé d’un personnage, un historique des lieux…  difficile de ne pas cliquer, ces éléments clignotent en permanence.

Or, plutôt que d’enrichir la lecture, ils se sont rapidement révélés comme de véritables parasites. Ils m’ont tout simplement fait perdre le fil, m’ont distrait et fait décroché de la trame elle-même. Non pas que ces éléments soient superflus sur le fond, mais ils m’ont semblé tout simplement gênants et contre-productifs.

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Conclusion : cette expérience m’a fait penser à la naissance d’un genre nouveau : le polar entre livre et série TV. J’aime autant les premier que les seconds, et pourtant… pas de plus-value, et, bien au contraire, une lecture brouillée. J’ai abandonnée dès la fin du 2e épisode, je n’étais tout simplement plus dedans. Le test est donc peu concluant, pour ne pas dire frustrant : j’ai désormais hâte de pouvoir lire ce polar (qui m’a l’air glauque comme je les aime en plus !)

L’avis d’In Cold Blog.  

« Muti », un polar de Caryl Férey à Cape Town
LEMONDE.FR | 20.05.10

© Le Monde.fr

Bonne plock à tous !



Foxybaby, par Elizabeth Jolley

foxybaby.jpeg  « C’est un chouette pare-kangourous que vous avez là« 

Alma Porch, femme de lettres, enseignante et écrivain, accepte de diriger un stage culturel au Trinity House, un établissement complètement isolé au milieu du bush australien, qui reçoit des candidats à une cure d’amaigrissement. Plus elle fait connaissance avec la directrice, le personnel et les pensionnaires, plus elle réalise qu’elle a mis les pieds dans ce qui ressemble fort à une maison de fous.

Première étape du challenge Destination… organisé par Evertkhorus : l’Australie. Et puisque Foxybaby dormait dans ma PAL, j’ai embarqué avec ce titre d’Elizabeth Jolley, une écrivaine d’origine anglaise et australienne d’adoption. 

Tout avait bien commencé. Le ton, un mélange de préciosité et de familiarité, est particulièrement séduisant. Dans cet établissement qui se veut d’un certain standing, tout part à vau-l’eau… entre les petites manies des pensionnaires et le grain de folie de la directrice, rien ne se passe comme prévu pour Alma Porch. Elle qui s’est engagée dans cette aventure avec enthousiasme va rapidement déchanter – un peu comme moi finalement.

D’abord, parce que l’intrigue tourne court. Il y avait pourtant matière à réjouissances dans ce huis-clos. Mais voilà : je m’ennuie ferme. Pour le dire simplement, il ne se passe que peu de choses et les personnages tournent en rond. Ni les ratés de la pièce de théâtre que tente de monter Alma, ni les histoires de coeur et de c*l qui animent les pensionnaires n’ont pu renverser un désintérêt croissant pour ce quotidien, aussi farfelu soit-il.

Ensuite, le comportement de l’héroïne m’a prodigieusement exaspéré. Passive, elle rumine dans son coin les désagréments qu’elle rencontre lors de son séjour. Qu’une vieille dame s’incruste dans sa chambre en pleine nuit, que la directrice mette son grain de sel dans le déroulement de son atelier, qu’elle se fasse explicitement arnaquer par l’homme à tout faire de la pension… elle reste sans réaction – son principal souci étant que son visage traduise une expression adéquate pour faire bonne figure. Bref, une bien belle gourde que voilà. 

Enfin et surtout, parce que l’écriture d’Elizabeth Jolley ne m’a paru ni fluide, ni agréable. Une plume exigeante comme le soulignait Mélopée ; une plume saccadée, acrobatique même, sur laquelle j’ai buté à de nombreuses reprises. Peut-être est-ce accentué par une mauvaise  traduction ? Toujours est-il que le plaisir de lecture n’était pas au rendez-vous. Et j’ai été tout spécialement agacée par un découpage des dialogues souvent peu opportun.

 » « Nous devons », annonça Mrs Peycroft de sa voix percutante, « accepter et reconnaître la vérité de nos limites ».

«  « Les stagiaires », poursuivit Mrs Peycroft, « ont tous casqué sec ».«  

 » « Joséphine », dit Miss Paisey, « pense que je ne devrais pas raconter mes rêves ».  »

Une lecture pénible qui m’a conduit, après plusieurs hésitations, à abandonner définitivement ce roman à mi-parcours (p. 149). Allez… vivement la prochaine étape du voyage !

Lu dans le cadre du Challenge Destination Australie organisé par Evertkhorus

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Bonne plock à tous !

 

Foxybaby (Foxybaby), par Elizabeth Jolley (1985), traduit de l’anglais par Geneviève Doze, aux éditions Rivages poche (1995), 274 p., ISBN 978-2-869-30947-0.

 



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