Le testament des siècles, par Henri Loevenbruck

photo0320.jpg« Je n’étais qu’un prétexte de plus pour les féministes du monde entier«  

Damien Louvel s’est expatrié à New York où il vit le rêve américain, jusqu’à ce que la mort brutale de son père, avec qui il est en froid depuis des années, ne le contraigne à rentrer en France. Ce qu’il découvre alors ne va cesser de le surprendre. Ce père qu’il a connu si cartésien, si parisien, si prévisible a vendu sa collection de livres anciens pour s’acheter une maison en Provence, maison dans laquelle il a entassé des choses bien étranges… et maison dans laquelle Damien se fait agresser dès sa première visite. Aidé de Sophie, il poursuit bon gré mal gré les recherches de son père, sur les traces d’Albrecht Dürer et du « vrai » message de Jésus.     

Les thrillers ésotériques, c’est ma lecture facile par excellence, mon pêché mignon, ma chick-lit à moi. Et – ne riez pas – mais n’ayant reçu aucune instruction religieuse, j’ai appris par ces lectures un tas de truc sur la vie de Jésus, Pierre, Paul, Jacques, les Templiers et  l’Opus Dei. Re-belote avec Le Testament des siècles, qui répond agréablement à tous les codes du genre.

Évidemment, Damien va rencontrer une belle nana pour l’aider dans ses recherches. Mais ce personnage féminin n’est pas un simple faire-valoir, loin de là ! Débrouillarde, courageuse, intelligente – du moins autant que lui est couard, hésitant, empoté – et comme son orientation sexuelle n’est pas clairement tournée vers les garçons, ces deux-là forment  en définitive un couple bien sympatoche.

Gros point fort : l’aspect thriller est traité à la perfection. C’est bourré d’action, de courses poursuites, de rebondissements. Le rythme est rapide et la traque bien construite. Un livre qui se dévore très facilement, j’avais du mal à le lâcher et hâte de m’y replonger. Et le dénouement est vraiment bon.

Point plus discutable : l’aspect ésotérique est quasiment absent pendant la première moitié du livre. Et quand il investit enfin le récit, c’est trop en force. Il est alors des pages entières consacrées à des explications historico-mystiques… j’ai regretté qu’elles ne soient pas distillées de manière plus subtile tout au long de l’intrigue. Davantage de nuance n’aurait pas été de refus.

Mais Le Testament des siècles reste une lecture qui fleure bon les vacances, et que j’ai  vraiment apprécié dans la mesure où j’y mettais peu d’attentes. Alors oui, ce n’est qu’un thriller ésotérique, mais c’est un « bon » dans ce genre. Un mélange de Da Vinci code (en bien mieux écrit – et d’ailleurs écrit antérieurement !) et de Millenium (pour le hacking (?) et le personnage féminin qui écrase tous les autres) plutôt réussi.

Ravie d’avoir gagné ce livre lors du festival Quais du polar ! L’avis de Kikine qui avait brillamment gagné l’exemplaire mis en jeu et avec qui j’ai fait cette lecture commune très sympathique !

9782290001516.gif (L’édition vendue dans le commerce !)

Bonne plock à tous !

Le testament des siècles, par Henri Loevenbruck (2003), aux éditions J’ai Lu, 381 p., ISBN 978-2-277-00458-5.



Le Livre des morts, par Glenn Cooper

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« New-York, mai 2009. Six morts violentes se succèdent en quelques jours. Les modes opératoires sont différents, les victimes n’ont aucun point commun, hormis celui d’avoir reçu quelque temps plus tôt une carte postale de Las Vegas, avec une simple date, celle du jour de leur mort. Très vite, la presse s’empare de l’affaire et celui qu’elle surnomme le « tueur de l’Apocalypse » a tôt fait de semer la psychose dans la ville. Les autorités, désorientées par l’absence d’indices, se tournent vers Will Piper, ancien profileur d’élite dont la carrière a été brutalement interrompue… » (le quatrième de couverture en dit certainement trop selon moi, donc je coupe).

Le Livre des morts est un polar qui démarre vite – comme j’aime. Une victime (brrr…), deux victimes (rebrrr…), et un nouvel enquêteur que l’on met sur l’affaire.

Will Piper est un type bourru et séduisant - comme j’aime. Un caractère à prendre avec des pincettes et une carrière au FBI mise à mal par ses frasques d’homme à femme, un gros penchant pour l’alcool et un refus du politiquement correct. Affublé d’une prometteuse collègue, les voilà parti… Une enquête et des personnages intéressants, tout pour me lancer plus en avant avec envie.

Mais rapidement, je commence à être quelque peu décontenancée par la construction du récit. Chaque chapitre ou presque est un passage dans la porte temporelle… Là il faut que je m’explique. C’est une chose de revenir sur le passé universitaire de Will ou d’être transporté sur l’île de Wiht dans le haut Moyen-Age ; c’en est une autre de faire des allers-retours de quelques semaines dans le présent. Ils sont bien plus déstabilisants que les grands sauts de le temps… Ce n’est pas tant la répartition de l’intrigue sur trois grandes périodes qui m’a gêné – bien au contraire – mais plutôt le flottement dans le passé tout récent. Contrainte de repérer les dates (à quelques semaines près donc), de revenir en arrière pour vérifier le timming de l’intrigue, je suis – comment dire – un poil agacée, oui.

Bientôt d’ailleurs, le passé et le présent se rejoignent. Bientôt, on finit par faire facilement le lien. Mais bien trop tôt peut-être… une fois les rapports établis entre le Moyen-Âge et le XXIe siècle, c’est toute l’intrigue qui est percée à jour. Alors, oui, j’aime beaucoup deviner la fin et entrevoir la solution dans les polars. Oui, mais pas à la moitié du récit… surtout quand la fin ne réserve finalement pas de nouvelles surprises - ou trop peu. Après l’agacement, l’ennui…

Quand au fond mystique, j’ai encore beaucoup du mal à y croire (mais il est vrai que ce point là est sûrement très personnel ; toujours est-il qu’un polar pas convaincant, c’est vraiment balot).

Et que dire du final à l’américaine qui a fini de m’achever…

Dommage, vraiment dommage, parce c’est finalement assez bien écrit – ça se lit vite et certains chapitres sont vraiment très prenants – et que réflexion et action sont vraiment bien dosées.

Un grand merci quand même à l’équipe de blog_o_book et aux éditions Le Cherche-Midi !

Un avis plutôt positif chez Cryssilda et chez Cathulu, un avis très positif chez Neph et chez Gio, un avis très mitigé chez Amanda et chez Pimprenelle… décidement !

Bonne plock à tous ! 

 

Le Livre des morts (Library of the Death), par Glenn Cooper (2009), traduit de l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau, aux éditions Le Cherche-Midi (2010), 420 p., ISBN 978-2-7491-1665-5.



L’héritage des Templiers

Ne me demandez pas pourquoi j’ai été apaté par ce bouquin… les légendes éculées feront toujours vendre avec des buses comme moi.

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Remarquez, la couverture aurait du me mettre la puce à l’oreille. L’éditeur a pris soin d’indiquer qu’il s’agit d’un « maître du genre » pour… Dan Brown. Ah. Voilà…

Reprenons. L’héritage des Templiers serait, à s’en tenir encore une fois à la couverture, un « thriller historique ». Hem, faut voir.

Pour l’historique, ok. La came est au rendez-vous. Jusqu’à l’overdose parfois - et pourtant je ne suis pas du tout réfractaire. Les théories développées ne sont d’ailleurs pas inintéressantes. Les propos sont plus fins et mieux documentés que ceux de Da Vinci Code (la bonne blague !). Ils réjouiront même probablement les addicts du Google groupe   »Le grand complot existe, je l’ai vu », « Tremble Vatican ! » en option.

Mais un thriller ? Ah ?? Ah ??? Le rythme est lent lent lent, l’intrigue peine, les révélations se font terriblement attendre et ne sont finalement pas folichonnes… par exemple, le coup du mort-pas-vraiment-mort, pouah ! Quant aux scènes d’actions… j’en ai vu des plus convaincantes dans Walker Texas Ranger. Hé ouais.

Bref. Il est des polars qui m’ont conduit à de véritables nuits blanches, si vous saviez (mais je pense que vous savez !!). Or, ma mine fraîche de ces derniers jours vous en dira tant.

Au final, j’ai eu une bien désagréable sensation. Celle d’avoir lu, sans le savoir, une thèse de doctorat en histoire des idées politico-architecturo-religieuses, mention croisades et GPS, estampillée passable et recyclée en pompe à fric… Gogo le dodo ? Grrrr…

Bonne plock à tous !

 

L’Héritage des Templiers (The Templar Legacy), par Steve Berry (2007), traduit de l’anglais (États-Unis) par François Smith, aux éditions Le cherche midi, 566 p., ISBN 978-2-7491-0859-9 (existe en poche chez Pocket : ISBN 978-2-266-16958-5).



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