Girl meets boy, par Ali Smith

  En haut de la pile   « C’est à cause des Spice Girls« 

Il en fallait bien une… première déception, au milieu de ces petits bijoux de la rentrée littéraire. Grosse déception même. Ennui, incompréhension et irritation ont tour à tour ponctué ma lecture. Girl meets boy ? Un « conte militant » selon le quatrième de couverture. Voici l’histoire de Midge et d’Anthea, deux soeurs qui cohabitent et travaillent au service  marketing et communication d’une multinationale. Deux soeurs proches donc, jusqu’à ce qu’Anthea rencontre quelqu’un dont elle tombe amoureuse  – car ce quelqu’un, au grand désarroi de Midge, est une fille.

L’écriture est certes rythmée, mais elle est surtout  tendue, décousue et propice à la confusion. Je n’accroche pas, ou du moins pas longtemps. J’ai même peiné pour arriver au terme de ces… 140 pages (ah !), c’est dire. J’espérais un embryon d’enthousiasme qui n’est jamais venu. Parce que loin de cette plume qui se veut moderne, l’histoire m’a semblé vraiment  (et heureusement) dépassée.   

Ce sont les propos d’un autre âge qui m’ont surtout laissé dans une grande perplexité. Des propos d’une violence et d’une stupidité affligeante, prêtés à Midge lorsqu’elle découvre la relation de sa soeur. Le lecteur est donc invité à suivre cette « réflexion », qui sera  d’ailleurs partagée par d’autres personnages, pendant… trop longtemps. Heureusement, comme dans les contes, le personnage va bien finir par évoluer – ouf, la (contre)morale est sauve. Hum.

Sincèrement, je n’ai pas compris l’intérêt d’insister, lourdement de surcroît, sur l’opinion de ces personnages. S’agissait-il de rendre compte de la persistance des discours réac’ dans la société actuelle ? Ou bien de démontrer que les crétins finis ne sont pas incurables puisqu’ils finissent, du moins certains, par changer ? 

Particulièrement difficile m’a semblé un passage dans lequel sont retranscrites les pensées de Midge faisant son footing – extraits :

« (Je ne peux pas arriver à dire ce mot.)

(Seigneur. C’est pire que le mot cancer.) (…)

(Ma soeur va avoir une vie misérablement triste.) (…)

(Je risque de devoir déménager.)

(Ce n’est pas grave. Pas grave. Si je dois déménager, j’ai assez d’argent pour.)« 

Voyez que je n’exagérais pas… Heureusement, la rentrée littéraire nous réserve d’autres choses bien plus belles !

Spécial Rentrée littéraire

Bonne plock à tous !

Girl meets boy (Girl meets boy), par Ali Smith (2007), traduit de l’anglais par Laetitia Devaux, aux éditions de l’Olivier (2010), 138 p., ISBN 978-2-87929-711-8.



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