La lamentation du prépuce, par Shalom Auslander

auslander1.jpeg  « Dieu est ici, Dieu est là, Dieu est partout. Un point c’est tout. Alors, fais gaffe petit« .

Shalom est du genre très très angoissé. Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il a développé une paranoïa pas possible envers un certain grand bonhomme tout la haut… Et à l’heure de devenir père lui-même, voilà que cette éducation lui joue encore des tours.  Il faut dire qu’entre l’école hébraïque ultra sévère et les travers de sa famille, la rupture avec les préceptes rigoristes de son éducation n’est pas des plus aisée. Shalom revient  ainsi sur les séquelles qu’il garde de son éducation extrêmement religieuse en expliquant les interdits, les contraintes, et surtout son rapport très personnel avec le Tout-puissant, ce Dieu revanchard et cruel avec qui il compte les points.

Le sujet est grave, mais le ton est léger, léger ! Une lecture facile donc, mais aussi une lecture intéressante en ce qu’elle donne à voir le tiraillement d’un jeune homme élevé dans un milieu austère et confronté à une culture occidentale permissive. Un récit sans concession, mais extrêmement divertissant du fait de son traitement complètement loufoque. 

Shalom Auslander oscille entre farce et émotion avec une habileté déconcertante. Il est tour à tour drôle, désespéré, corrosif, lubrique, inquiétant – mais drôle avant tout. Pour le dire autrement, La Lamentation du prépuce m’a fait l’effet d’un numéro d’équilibriste parfaitement exécuté. Hautement recommandé à ceux qui aiment rire utile !

« Mes professeurs m’ont appris qu’il est faux de dire que Dieu a provoqué l’Holocauste : en 1938, Il a simplement détourné la tête. Il a regardé ailleurs. « Hein, comment ? Géno quoi ? Vraiment ? Merde, j’étais au petit coin… ». Pas un meurtrier, non. Juste un complice par omission (…). Mes professeurs m’ont enseigné qu’un juif qui met la honte à ses coreligionnaires commet un péché que la mort venue d’en haut punira, et j’ai bien peur que ce récit entre dans ce cas de figure. Mais je respire un grand coup, et je me dis qu’Aaron Spelling va très bien, et si lui n’est pas un sujet d’embarras pour son peuple, je me demande qui peut bien l’être…« . 

Un grand plaisir de lecture pour lequel je remercie vivement Mango, qui a fait de La lamentation du prépuce un livre-voyageur ! Vous pouvez lire son avis ici, ainsi que ceux (enthousiastes, voire très enthousiastes) de Keisha, Liliba, Dasola, Miss Rose, Mazel, Plume, et ceux (plus, voire beaucoup plus mitigé) d’Emmyne, d’Elizabeth, de CécileSBlog.

Un récit qui m’en a rappelé un autre : Fuck America, d’Edgar Hilsenrath, les tribulations d’un juif new-yorkais rescapé de la Shoah, un sujet grave pour un traitement complètement déjanté.

Bonne plock à tous !

La Lamentation du prépuce (Foreskin’s Lament), par Shalom Auslander (2007), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Cohen, aux éditions 10-18 (2009), 306 p., ISBN 978-2-264-04835-6 .



Swap Happy Face : le dénouement !

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Le swap Happy Face, organisé par Stephanie et Stephie, a tenu toutes ses promesses – et plus encore !

Par une froide journée de mai, ciel gris et grise mine… jusqu’à l’arrivée d’un gros colis !

J’affiche un grand sourire dès l’ouverture ! Le contenu se dévoile sous mes yeux ébahis, voyez avec quel soin ma swappeuse a emballé chacun des cadeaux… même Harry n’en revient pas !

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J’ai la banane devant… les livres !

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- La Septième rencontre, par Herbjorg Wassmo – rien ne me fait plus plaisir que de lire du Wassmo, et cette histoire d’amour a vraiment l’air à mon goût, c’est assez rare pour être souligné ! (pour la petite histoire, je l’avais initialement demandé en livre voyageur à Choco tellement je voulais le lire !)

- Le gang des mégères apprivoisées, par Tom Sharpe – rares sont les auteurs aussi loufoques que Tom Sharpe !

- Le bleue est une couleur chaude, par Julie Mahod – j’aime les histoires d’amour pas conventionnelles !

- A la une, à la deux, à la mort, et La prime, par Janet Evanovich – j’aime les polars bien déjantés !(et pour la petite histoire encore, Kikine me les a également envoyé du Québec en VO au même moment ! Je vais pouvoir me tâter à l’anglais dans des conditions idéales avec cette double lecture !)

J’ai encore la banane devant… les objets rigolos !

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Un éléphant qui lui pousse des cheveux – la coupe bientôt ! -, un oiseau-dodo-déco, et des marque-pages à tomber, que ma swappeuse a fait de ses mains ! J’en reviens pas, ils sont excellents ! 

J’ai toujours la banane devant… les gourmandises !

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Du chocolat aux fruits et au whisky !!! De la barbe à papa !!! Des chips à plein de goûts super sympas !!! Du thé vert parfait !!! Plein plein plein de bonbons !!! Et  même des colliers de bonbons !!! (enfin, c’est ce qu’il y avait à l’ouverture du colis, parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, il ne reste plus grand chose…)

Au final, un magnifique contenu (qui a envahi toute ma table – 90×90 quand même, il fallait le faire !!!)

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Un merveilleux colis, préparé avec soin par…  Lady Scar (Nadège) ! Tu es une swappeuse de rêve, tu m’as énormément gâtée, tu as su trouver juste sur tout, c’est… *wouaaaaaaah* – je parle plus, j’ai mal à la mâchoire… sauf pour te dire un énorme :

MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!!!!!!!

 

Et un grand merci également aux organisatrices du swap Happy Face, sans qui tout ce bonheur ne serait jamais arrivé !

Quant à moi, j’avais très envie de donner le sourire à Kikine !

Bonne plock à tous

(et bon week-end ! Je m’envoie en l’air prends l’avion jusqu’à l’océan… de retour lundi !)



Debout sur la terre, par Nahal Tajadod

97827096307401.gif « Mais il y a eu ton père. Il ne voulait pas une épouse moderne, mais une femme libre« .

Voici un beau quatrième de couverture, mais qui, chose remarquable, n’en dit presque pas assez. « Il y a d’abord un père merveilleux, khan de vastes terres du Nord, grandes de trois mille âmes. Il voit soudain le voile des femmes tomber, les temps changer, bouleversant toutes les moeurs. Il y a sa fille, Ensiyeh, élevée comme un garçon, qui se bat pour son domaine et s’habille pourtant comme une héroïne de Tchekhov. Il y a Fereydoun, séducteur et fantasque, qui aime Enseiyeh et esquive avec grâce les folies des hommes et du pouvoir. Il y a Monsieur V., qui a connu la gloire et les grands hommes au service des Pahlavi et qui sera emporté par les tourments de Téhéran… Il y a la mort de la monarchie, les tourbillons de la révolution… Mais il y a surtout l’Iran – de l’Empire perse à la Révolution -, personnage central de ce roman foisonnant, parfois comique, avec les surprises prodigieuses de son histoire et la fin d’un monde qui se croyait immuable.« 

Téhéran, 1976. Fereydoun doit rencontrer Monsieur V., un homme influent et énigmatique. Il traverse la ville, sans cesse interrompu par des courses ou des souvenirs… Le récit est d’abord obscur, déroutant. Jusqu’au transport dans une province rurale, au début du siècle. Issa Khan est sans héritier. Alors, quand sa troisième femme lui donne enfin un enfant, peu importe qu’il s’agisse d’une fille. Enseiyeh sera élevée comme un chef de clan. Puis c’est la révolution – la première, celles des années 30 – l’occidentalisation brutale du pays. La naissance de l’Iran moderne, la fin du conte persan.

Retour en 1976. Toujours pas de Monsieur V. Les aventures de Fereydoun tournent au vaudeville, le récit se fait cocasse, très drôle même. Et c’est la rencontre avec Massoud l’électricien, qui pratique un Islam fondamentaliste en dissimulant son penchant pour les feuilletons à l’eau de rose. Les bases de la révolution – l’autre, celle de 1979 – sont posées, et le récit se fait sombre, clairvoyant, bouleversant.

Debout sur la Terre est donc un récit ambitieux, enchevêtré, parfois confus et fortement imbriqué dans les faits réels. Raconter l’Iran au siècle dernier et sous toutes ses coutures – la société tribale,  les superstitions, le passage à la modernité, l’insouciance, le fanatisme, et bien sûr, la condition des femmes – était certainement une gageure… Nahal Tajadod y parvient, mais non sans difficultés pour le lecteur.

Il est des lectures dont l’on ressort détendu, reposé – force est de constater que ce n’est pas le cas ici. Il faut s’armer de courage… mais cette histoire en vaut la peine. Car il est aussi des lectures dont on ressort plus fort, plus riche, totalement envoûté – et avec un regard différent sur le monde, d’une plus grande acuité. Et c’est vraiment le cas ici.

Pour les lecteurs persévérants, amoureux de contes orientaux ou férus d’histoire contemporaine, mais aussi pour les amateurs de fresques historiques et familiales qui donnent à voir un lieu et une époque – et à mieux comprendre certains enjeux actuels.

Tous mes remerciements à 51410427p.jpg et aux éditions JC Lattès pour ce partenariat !

Bonne plock à tous ! 

Debout la terre, par Nahal Tajadod (2010), aux éditions JC Lattès, 448 p., ISBN 978-2-7096-3074-0.



Echo Park, par Michael Connelly

connelly1.jpeg « Va falloir rester coolos« 

On ne présente plus l’inspecteur Bosch : flic à Los Angeles depuis de nombreuses années, il s’est toujours distingué par une ténacité à toute épreuve. La preuve encore avec le dossier Gesto. Voilà 13 ans que cette jeune femme a disparu, et 13 ans qu’il rouvre régulièrement le dossier de cette affaire non résolue… Et voilà-t-y pas qu’un serial killer jusqu’ici totalement inconnu s’accuse du crime ! Il faut dire que le procureur, en pleine période de réélection, lui propose un accord pour éviter la chaise électrique en échange d’aveux complets…

Michael Connelly est présenté comme un « maître incontesté du polar américain » – et ce n’est pas moi qui dirait le contraire ! J’avais dévoré Les Égouts de Los Angeles et La Blonde en béton quasiment en apnée, la mine déconfite au petit matin tant il m’était impossible de refermer le livre à des heures pourtant indécentes.

Totalement éprise d’Harry Bosch, je constate avec plaisir que Michael Connelly a eu l’intelligence de laisser mûrir son personnage avec les années (précisons que j’ai loupé quelques épisodes de la série) : moins taciturne, – un peu – moins alcoolisé, mais toujours aussi tête-brûlé ! Quant à l’enquête, elle est à la hauteur du personnage. Pour résoudre l’affaire Gesto, il va lui falloir déjouer les évidences et agir en électron libre, avec la bonne dose de pugnacité qui le caractérise.

Echo Park répond à tous les codes du genre : une intrigue claire et efficace, du parlé vrai, un rien de profilage, quelques bisbilles entre les services et des scènes d’action rondement menées, crédibles, réalistes – rien à dire.

Bref, Echo Park est un bon cru : Connelly connaît sa partition et déroule sans fioritures. Alors, oui, c’est assez formaté, oui, il n’y a rien de follement original dans cette enquête, mais oui, ce polar a parfaitement répondu à mes attentes : réduire les 4h de train Bruxelles-Lyon à peau de chagrin. Une lecture-détente et un brin sanguinolente de tout premier choix.


Lu dans le cadre du Défi Littérature policière sur les cinq continents organisé par Catherine.

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Lu également pour le Challenge Serial Killer organisé par Alcapone

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Bonne plock à tous !

Echo Park (Echo Park), par Michael Connelly (2006), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin, aux éditions Points (2008), 429 p., ISBN 978-2-7578-0915-0 .


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Actus en vrac et en plock

 

De chouettes manifestations littéraires dans les semaines à venir… 

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Au passage également : la publication du Mag de Livraddict, un deuxième numéro sur le thème du polar. Toujours aussi bien conçu par la Team de Livraddict !

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Et un dernier pour la route pour les amateurs de livres les plus barrés. Au musée de l’Imprimerie de Lyon jusqu’au 27 juin se tient l’expo « Minuscules », consacrée aux livres mini mini mini…

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Voyez vous ça !

http://www.dailymotion.com/video/xc7gy4

 

Bon plock du dimanche à tous !

 



Voyage dans les ténèbres, par Jean Rhys

97820707736951.gif  « A chacun sa ration d’espoir« 

Anne est une jeune femme paumée (encore ! C’est décidément un thème récurrent ici, il va falloir y remédier fissa ! Bref). A la mort de son père, déjà veuf, cette fille de colons quitte ses Antilles natales pour l’Angleterre. Ce « retour au pays » est un déchirement dont elle ne parvient pas à se départir. Lâchée par sa belle-mère et sans grandes ressources, elle vit désormais au jour le jour, pension après pension, verre après verre, mauvaise rencontre après mauvaise rencontre.

Voyage dans les ténèbres m’a fait l’impression d’un anti-conte de fée. Voyez : une jolie petite nana, orpheline bien sûr, affublée d’une marâtre évidemment, qui vit dans le souvenir de son enfance – son âge d’or – et qui cherche un prince charmant… Et patatras. La vie – la vraie quoi ! – la rattrape rapidement.

Anne s’enfonce alors un peu plus chaque jour. Car elle se laisse en grande partie porter par les événements… comme lors de sa première nuit avec Walter – son premier amant, sa première passe.

« Il revint dans la chambre et je l’observai dans la glace. Mon sac était sur la table. Il le prit et mis de l’argent dedans. Avant de le faire, il regarda dans ma direction, mais crut que je ne pouvais le voir. Je me levai dans l’intention de dire « Qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? », mais arrivée près de lui, au lieu de dire : « Ne faites pas cela », je dis : « Très bien, si vous voulez – tout ce que vous voudrez, comme vous voudrez » et lui baisai la main.«  

Un sombre roman initiatique qui se déguste rapidement – c’est court – et aisément – quel style ! Une écriture simple (qui dit pourtant beaucoup de choses), froide, distante, mais sans prétention aucune : je suis complètement sous le charme de la plume de Jean Rhys.

Pourtant, il a manqué quelque chose pour totalement me convaincre – et ce quelque chose est certainement de l’ordre de l’intrigue. L’auteur nous invite à investir l’esprit d’une jeune femme introvertie, passive, mélancolique, et qui sombre irrémédiablement dans une forme de dépression. Fatalement, elle finit par ne plus rien pouvoir faire, à peine tirée de sa torpeur par des rencontres hasardeuses et des frénésies d’achat grâce à l’argent de son amant.

La qualité de l’écriture m’a sauvé de l’ennui, mais pas du sentiment d’inachevé – sentiment qui se fait particulièrement criant à la fin du roman. Je ne voulais quitter ni l’auteur, ni son personnage… Il y avait là une belle matière, un style des plus savoureux, un sujet des plus prometteur, mais qui n’a pas été, me semble-t-il, suffisamment exploité ; un peu frustrant finalement ! 

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Un grand merci à Cécile qui m’a offert ce roman à l’occasion du Lady Swap organisé par Lou et Titine ! Et comme j’ai également offert ce roman à ma swappée, nous avions programmé une lecture commune pour ce Voyage dans les ténèbres : ici l’avis d’Emma.

Au passage, d’autres avis sur Jean Rhys : le billet de Malice sur ce titre (le seul trouvé à ce jour – y’en a-t-il d’autres ?), mais  aussi de Choupynette sur le recueil A septembre, Petronnella, et de Titine sur La Prisonnière des Sargasses (que désormais j’ai très envie de lire, car il semble bien plus consistant !).

Et pour celles et ceux qui aimeraient lire une histoire parallèle (certaines similitudes sont frappantes) mais dans laquelle l’héroïne prend, elle, son destin en main (et ce n’est pas peu dire !), j’ai très envie de suggérer la lecture de Dirty Week-end, d’Helen Zahavi. Une Anne prise de folie furieuse et qui accomplit violemment son destin… ça vaut le détour !

Bonne plock à tous !

    

Voyage dans les ténèbres (Voyage in the Dark), par Jean Rhys (1934), traduit de l’anglais par René Daillié, aux éditions Gallimard – Denoel, collection L’imaginaire (2005), 207 p., ISBN 2-07-077369-8.

 



Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, par Harper Lee

9782877065504.gif « Pour une fois, tâche de te battre avec ta tête. Elle est bonne, même si un peu dure« .

Scout passe son enfance à Maycomb dans les années 30, une bourgade de l’Alabama,  État alors ségrégationniste du Sud des États-Unis. Grâce à l’intelligence de son père Atticus, avocat et veuf, à sa complicité avec son frère Jem, de quelques années son aîné, et à la tendre autorité de Calpurnia, la gouvernante noire, elle grandit à l’écart de la dureté du monde qui l’entoure – mais non pas sans elle. Scout prend peu à peu conscience de la pauvreté et de la ségrégation qui sévit dans cette région, marquée par la défaite de la guerre de sécession, la crise de 1929 et un fondamentalisme chrétien particulièrement rigoureux.  

Voici un récit qui commence comme une paisible chronique et qui finit comme un puissant roman.

La première partie s’articule comme des tranches de vie, celles d’une petite fille blanche, instruite mais sauvageonne de l’Alabama de l’entre-deux-guerre. Entre autres activités, Scout, son frère et Dill, un garçon qui vient passer l’été à Maycomb, s’amusent à se faire peur en tentant d’apercevoir Boo Radley, un voisin qui ne sort jamais de chez lui.  

Et puis, survient un événement sur lequel le récit va se concentrer dans sa seconde partie. Atticus, le père, est chargé de défendre un Noir accusé du viol d’une Blanche – et puisqu’il n’est pas disposé à prendre sa tâche à la légère, comme le veut l’usage d’une justice expéditive dans ces circonstances, les ennuis commencent.

« - Attends, Billy ! intervint un troisième, tu sais que c’est le tribunal qui l’a commis d’office pour défendre ce nègre.

- Ouais, mais Atticus a réellement l’intention de le défendre, et c’est ça qui ne me plait pas« .

Une lecture que j’ai énormément apprécié pour le tableau qu’elle brosse des États-Unis. Un magnifique complément à la lecture d’Erskine Caldwell – dont les récits sont situés aux mêmes lieux et époques, mais du point de vue de paysans pauvres et sans instruction – et à celle de Richard Wright, du point de vue des Noirs, tant dans les États du Sud – Black Boy - qu’après l’immigration à Chicago dans les années 30 – Native Son.

Certes, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur n’est pas aussi cruel que le premier ou aussi poignant que le second. Pourtant, c’est une histoire que je n’oublierai pas, pour sa fraîcheur et pour son réalisme. Un récit sans demi-mesure, porté par un étrange regard d’enfant, à la fois naïf et intelligent, et qui donne à voir les pires bassesses comme le plus grand courage de l’être humain.    

C’était une lecture commune organisé par Anjelica et à laquelle s’est joint entre autres Manu, Choupynette, Evertkhorus, Liyah, Daniel Fattore, Frankie, Leylies, Mrs Pepys, Nathalie, Sybille, Calypso, Myteline, Elora, aBeiLLe et certainement d’autres encore… (je rajoute les liens dès que j’en trouve, n’hésitez pas à me le signaler en commentaire !).  Egalement les avis de Titine et Keisha.

Lu dans le cadre du challenge Littérature au féminin organisé par Littérama.

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Bonne plock à tous !

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (To kill a mockingbird), par Harper Lee (1960), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Stoïanov, aux éditions de Fallois (2005), 337 p., ISBN 978-2-87706-550-4.



Tag – C’est ma tournée !

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Triplement taguée par Caro[line], Kikine et Choco, c’est mon tour de payer mon coup à boire !

 

Signe particulier : allons bon, je cherche, je cherche… j’ai bien eu les cheveux rouges – et bien rouges ! – mais j’avais 14 ans 1/2, donc ça ne compte pas.

Mauvais souvenir : humm… je suis du genre à ne pas trop y penser… mais dans le genre j’en ris après coup, y’a eu ce jour où j’ai cassé mon talon en arrivant à la gare de St-Etienne . J’avais un rendez-vous boulot hypra-important avec un élu pour mon mémoire de DEA et un choix à faire : arriver en retard décemment chaussée ou foncer malgré une jambe plus longue que l’autre d’environ 8 cm.  Pas de magasin de chaussure dans les environs… allons-y gaîment ! Résultat : je suis arrivée en claudiquant, soit totalement ridicule ET en retard. Mais mon interlocuteur a été plutôt sympa (je le soupçonne même d’être un peu fétichiste), le pourquoi du comment devant les yeux, il ne m’a fait aucune remarque. Pas comme la bonne cinquantaine de personnes que j’ai croisé dans les rues ce jour là…

Défauts : je n’aime pas prendre de gants – et ça c’est vraiment un défaut pour ceux qui m’entourent ! Pas très diplomate, pas vraiment patiente, un peu grande gueule à l’occasion.. bref, un sale caractère. J’ai aussi la sale manie de couper la parole aux gens (j’essaie de me corriger, mais je ne m’en rend compte trop tard le plus souvent !) et de fumer comme un pompier.

Film bonne mine : heureusement il y en a beaucoup ! Là tout de suite, je pense à L’étrange Noel de Mr Jack et à Sacré Graal ! 

Souvenir d’enfance : le matin où mon père est arrivé dans la cuisine en criant « le mur est tombé, le mur est tombé ! ». Lui qui est méga-calme de nature, le voir si enthousiaste m’a fait penser que ce devait être une sacré bonne nouvelle… sauf que je ne comprenais pas du tout de quoi il parlait, et que j’ai couru à la fenêtre chercher quel mur était par terre… hum, hum. Enfance, on a dit, enfance…

Canel, Clara, Resmiranda, Petite étoile sadique… y’en a-t-il une de vous qui prendra un p’tit verre ?

Bonne plock à tous !  



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