Foxybaby, par Elizabeth Jolley

foxybaby.jpeg  « C’est un chouette pare-kangourous que vous avez là« 

Alma Porch, femme de lettres, enseignante et écrivain, accepte de diriger un stage culturel au Trinity House, un établissement complètement isolé au milieu du bush australien, qui reçoit des candidats à une cure d’amaigrissement. Plus elle fait connaissance avec la directrice, le personnel et les pensionnaires, plus elle réalise qu’elle a mis les pieds dans ce qui ressemble fort à une maison de fous.

Première étape du challenge Destination… organisé par Evertkhorus : l’Australie. Et puisque Foxybaby dormait dans ma PAL, j’ai embarqué avec ce titre d’Elizabeth Jolley, une écrivaine d’origine anglaise et australienne d’adoption. 

Tout avait bien commencé. Le ton, un mélange de préciosité et de familiarité, est particulièrement séduisant. Dans cet établissement qui se veut d’un certain standing, tout part à vau-l’eau… entre les petites manies des pensionnaires et le grain de folie de la directrice, rien ne se passe comme prévu pour Alma Porch. Elle qui s’est engagée dans cette aventure avec enthousiasme va rapidement déchanter – un peu comme moi finalement.

D’abord, parce que l’intrigue tourne court. Il y avait pourtant matière à réjouissances dans ce huis-clos. Mais voilà : je m’ennuie ferme. Pour le dire simplement, il ne se passe que peu de choses et les personnages tournent en rond. Ni les ratés de la pièce de théâtre que tente de monter Alma, ni les histoires de coeur et de c*l qui animent les pensionnaires n’ont pu renverser un désintérêt croissant pour ce quotidien, aussi farfelu soit-il.

Ensuite, le comportement de l’héroïne m’a prodigieusement exaspéré. Passive, elle rumine dans son coin les désagréments qu’elle rencontre lors de son séjour. Qu’une vieille dame s’incruste dans sa chambre en pleine nuit, que la directrice mette son grain de sel dans le déroulement de son atelier, qu’elle se fasse explicitement arnaquer par l’homme à tout faire de la pension… elle reste sans réaction – son principal souci étant que son visage traduise une expression adéquate pour faire bonne figure. Bref, une bien belle gourde que voilà. 

Enfin et surtout, parce que l’écriture d’Elizabeth Jolley ne m’a paru ni fluide, ni agréable. Une plume exigeante comme le soulignait Mélopée ; une plume saccadée, acrobatique même, sur laquelle j’ai buté à de nombreuses reprises. Peut-être est-ce accentué par une mauvaise  traduction ? Toujours est-il que le plaisir de lecture n’était pas au rendez-vous. Et j’ai été tout spécialement agacée par un découpage des dialogues souvent peu opportun.

 » « Nous devons », annonça Mrs Peycroft de sa voix percutante, « accepter et reconnaître la vérité de nos limites ».

«  « Les stagiaires », poursuivit Mrs Peycroft, « ont tous casqué sec ».«  

 » « Joséphine », dit Miss Paisey, « pense que je ne devrais pas raconter mes rêves ». « 

Une lecture pénible qui m’a conduit, après plusieurs hésitations, à abandonner définitivement ce roman à mi-parcours (p. 149). Allez… vivement la prochaine étape du voyage !

Lu dans le cadre du Challenge Destination Australie organisé par Evertkhorus

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Bonne plock à tous !

 

Foxybaby (Foxybaby), par Elizabeth Jolley (1985), traduit de l’anglais par Geneviève Doze, aux éditions Rivages poche (1995), 274 p., ISBN 978-2-869-30947-0.

 



14 commentaires

  1. Liyah 26 mai

    Pas pour moi celui-la :-D

  2. Mélopée 26 mai

    Je trouve ton appréciation du style de Jolley tout à fait juste. Sur le coup je n’avais trouvé que l’adjectif « exigeant » mais c’est vrai que tout ce que tu emploies et nettement plus adapté. Je ne pense pas renouveler l’expérience de sitôt, ça demande bien trop de gymnastique, pour un peu qu’on le laisse un moment et qu’on le reprenne (et hop il faut reprendre quelques pages avant, et hop je suis malgré tout assez perdue par le rythme saccadé). Bref, dommage qu’il y ait eu un abandon mais rien ne sert de se forcer quand le plaisir n’est pas au rendez-vous.

  3. clara 26 mai

    Deux mauvaises lectures coup sur coup et récemment donc je vais faire en sorte de ne pas appliquer la formule  » jamais deux sans trois »!

  4. Manu 26 mai

    Ah mince, je l’avais mis dans la LAL celui-ci. Vous me faites hésiter toi et Mélopée (même si je l’ai ajouté suite au billet de Mélopée) mais je reste malgré tout tentée.

  5. Kikine 26 mai

    Euh, merci de t’être sacrifiée pour la blogo … je vais passer mon tour :)

  6. Ys 26 mai

    Voilà plusieurs billets que je lis ces temps derniers sur la littérature australienne, ça devient tentant… mais bon, pas celui-là, ouf…

  7. Amélie 26 mai

    Oh shit, dommage que tu n’ai pas trouvé de perle pour ce challenge.
    Je ne connaissais pas cet auteur et je ne vais pas rémédier à cette lacune, un personnage de gourde, très peu pour moi, je suis plutôt accro aux bonnes héroïnes, n’est-ce pas ;)

  8. Pickwick 26 mai

    @ Liyah : evidemment je ne le conseille pas ;)

    @ Mélopée : et moi qui avait l’impression d’être un peu bancale dans mes explications ;) « exigeante » est vraiment le terme approprié, car comme tu l’expliques, la lecture requiert une grande attention, impossible de parcourir les mots. Et oui, j’ai souvent du reprendre des phrases à leurs points de départ, les coupures parasitent la lecture, c’est lassant. Un peu dég’ d’avoir laissé tomber un livre, mais cela devenait vraiment trop pénible :D !

    @ Clara : ah je ne te le souhaite pas ! Mais on apprécie d’autant plus un bon livre après ça :) !

    @ Manu : le titre lu par Mélopée m’a semblé avoir une intrigue bien plus interessante ! Je crois que j’aurai pu tenir si ça avait été le cas ici, mais là, pfff, ça m’a semblé tourner en rond… au suivant ;) !

    @ Kikine : j’adore ton comm » :D ! Et il n’y a que ça à faire je crois !

    @ Ys : oh oui, j’ai vu des billets bien plus alléchants aussi ! « Le Koala tueur » me tente beaucoup par exemple ! Et j’attends le billet récap du challenge Australie pour ne pas rester sur une note négative !

    @ Amélie : entre le fond peu interessant sur ce titre et le style difficile de l’auteur en général, j’ai bonne conscience de ne pas te tenter ! Ah, qu’est-ce qu’elle a pu m’agacer à ne rien répondre, ne pas réagir, pour en plus tomber dans l’auto-lamentation ensuite… à bas les mijaurées qu’on disait ;) !

  9. L’Ogresse 26 mai

    Ouh, la, la, c’est la premiere fois que je te vois abandonner une lecture ! Ca devait etre quelque chose !

    Pour l’Australie, essaye le roman de Toni Jordan http://editionseho.typepad.fr/weblog/toni-jordan moi, j’ai vraiment bien aime.

  10. Karine:) 26 mai

    Bon alors, je vais joyeusement passer mon chemin! Déjà que le thème me tentait plus ou moins!!!

  11. Pickwick 26 mai

    @ L’Ogresse : oui c’est la première depuis l’ouverture de ce blog – et il n’y en a pas eu beaucoup de manière générale : je suis une incorrigible optimiste qui pense toujours que le dénouement va tout rattraper ;) Ah et je note bien sûr, j’ai pu apprécier la valeur de tes conseils !

    @ Karine:) : joyeusement tu peux ! Je trouvais qu’il y avait pourtant là une belle matière, le huis-clos déjanté, ça peut tout donner… ou pas :D !

  12. evertkhorus 28 mai

    Ah bien dommage! Une lecture encore pire que la mienne à ce que je vois!!!! Bon croisons les doigts pour que l’Afrique du Sud te réserve une belle surprise!

  13. flof13 29 mai

    Comme dit Karine, je passe mon chemin sur ces routes australiennes… J’ai largement préféré celles sur lesquelles je me suis aventurée de mon côté…

  14. Pickwick 1 juin

    @ Evertkhorus : oui, je l’espère aussi ;) ! Et je ne vais certainement pas rester sur une note négative pour l’Australie, puisque j’ai vu passer de chouettes billets !

    @ Flof13 : ouf, heureusement qu’il y a eu de belles lectures ! Tant pis pour celui-ci ;)

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