Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, par Stefan Zweig

images1.jpeg  « Ce que vous me raconterez, racontez-le, à vous et à moi, avec une entière vérité« 

Quelque part sur la Côte d’Azur, dans les années 1900. Un événement vient bouleverser les convenances de la haute société : une femme vient de quitter promptement mari et enfants pour un jeune homme, fort séduisant certes, mais qu’elle venait à peine de rencontrer… voilà de quoi créer le scandale et mettre tout ce beau monde en émoi. Un geste passionné bien incompréhensible pour cette société bienpensante. Sauf pour l’esprit moderne du narrateur, à qui va alors se confier une vieille dame chez qui cet épisode réveille des souvenirs : vingt-quatre heures de sa vie dont elle ne s’est jamais vraiment remise.

J’ai pleinement conscience que mon billet frise l’hérésie. Mais je crains fort d’être passée à côté de ce livre. Sur le fond, le récit m’a semblé clairement daté. Et si l’écriture de Stefan Zweig rattrape beaucoup de choses, force est de constater que ce court roman ne m’a pas procuré un grand plaisir de lecture. J’y ai même trouvé d’importantes longueurs, et j’ai fini par lire certains passages en diagonale… sans rien perdre pourtant de l’intrigue – c’est dire. 

Heureusement, Zweig restitue parfaitement l’ambiance fantasmagorique du récit de la vieille anglaise plongée dans ses souvenirs. Il est également une part de cruauté dans le dénouement qui n’est pas pour me déplaire. Mais j’ai le sentiment de n’avoir pleinement apprécié ce récit que lorsque cette femme se départit enfin du qu’en dira-t-on – soit bien tardivement.

Peut-être ai-je mal choisi mon moment pour poursuivre ma découverte de Stefan Zweig, qui m’avait pourtant totalement charmé jusqu’ici, notamment avec la biographie de Balzac. Un ressenti mitigé sur ce classique, qui finalement est peut-être mal tombé  au milieu de mes lectures du moment, bien plus actuelles.

A trop vouloir varier les plaisirs…

« Cinq fois, dix fois, j’avais déjà réuni toutes mes forces et j’étais allée vers lui, mais toujours la pudeur me ramenait en arrière, ou peut-être cet instinct, ce pressentiment profond qui nous indique que ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours« .

Des avis chez Caro[line], Karine:), Kikine, Bénédicte, Papillon, Stephanie, Cynthia, Marie L., Bladelor, Lilly, Manu, Keisha… et d’autres encore recensés chez BOB !

 

Lu dans le cadre du challenge Ich Liebe Zweig, organisé par Caro[line] et Karine:)

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Reste à trouver un essai ou un récit biographique pour boucler un second tour du challenge !

Bonne plock à tous !

Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, par Stefan Zweig (1927), traduit de l’allemand avec une introduction, par Olivier Bournac et Alzir Hella, aux éditions Le Livre de poche, 127 p.

 



23 commentaires

  1. clara 19 mai

    J’ai adoré ! La decription des mains de cet homme qui joud ets fabuleuse! Elles deviennent des êtres à part entières soumis aux pulsions, aux tensions et aux émotions les plus fortes, les plus extrêmes….

  2. Cynthia 19 mai

    Je rejoins Clara, moi aussi j’avais adoré ce livre. Il faut dire que je suis une fan absolue de son style, il pourrait me captiver avec n’importe quoi ^^
    Mais bon, ce n’était peut-être pas un livre qui t’étit destiné, ça arrive et ça n’est pas dramatique ;)
    Si tu souhaites quand même relire Zweig, je te recommande « Lettre d’une inconnue » ;)

  3. Pickwick 19 mai

    @ Clara : je me dis que c’est certainement une question de mauvais timing ; le passage sur les mains ne m’a pas subjugué, j’attendais l’homme, je n’ai pas ressenti leur « autonomie ». Bref, je vois que je suis passée à côté, zut de zut.

    @ Cynthia : il va vraiment falloir que je le relise, et pas entre un thriller et une lecture loufoque cette fois ;) Et j’ai le recueil Amok dans ma PAL, qui contient bien « Lettre d’une inconnue » : j’ai très envie d’effacer ce souvenir mitigé en lisant d’autres titres de Zweig !

  4. keisha 19 mai

    STP, lis Le joueur d’échecs!
    Tu vas voir, chaque commentaire va te donner une idée lecture…^_^

  5. Benedicte 19 mai

    j’ai beaucoup aimé cette nouvelle en ce qui me concerne et notamment la description de l’arène des mains des joueurs au casino le sens de l’observation de la vieille dame. La fin est un peu dérangeante puisqu’après tout elle l’abandonne à sa folie et que l’on ressent le gouffre dans lequel se trouve ce joueur

  6. Pickwick 19 mai

    @ Keisha : ayé ! J’ai même fait un billet tout idiot dessus… Et tu sais, je suis preneuse d’une idée sur une bio ou un essai de Zweig pour doubler le challenge !

    @ Bénédicte : la fin reste mon passage préféré. En particulier leur dernier dialogue, cruel, pathétique j’ai adoré. Pour le reste, ce n’était certainement pas le bon moment…

  7. Amélie 19 mai

    J’avais également été déçue et n’avais pas apprécié ce texte, mais pour d’autres raisons… j’ai trouvé le propos un peu « sexiste » (bien grand mot mais je n’en trouve pas d’autre). Je m’explique : la femme (zut flûte je ne me souviens plus de son nom!) qui se laisse séduire facilement par cet homme est naïve, crédule, elle fantasme. C’est une représentation de la femme qui ne me plait pas, mais alors du tout. En gros il ne faut que 24h à cet homme pour lui tourner la tête, elle ne résiste pas, elle ne fait pas marcher son intelligence.
    Une amie lectrice acharnée de Zweig me conseille vivement Le Joueur d’Echecs, peut-être qu’un jour je retenterai.
    x
    Amélie

  8. Kikine 19 mai

    Ahh zut … un rendez-vous manqué ! Cette nouvelle n’a pas été celle que j’ai préférée mais je l’ai adoré pareil

  9. Kikine 19 mai

    adorée même …
    Comme Cynthia, je te recommande chaudement « Lettre d’une inconnue » que tu as dans le recueil « Amok »

  10. L’Ogresse 19 mai

    Ah, Zweig dechaine les passions, on dirait, il faut vraiment que j’aille voir ce qu’il en est !

  11. La plume et la page 19 mai

    Pas toujours facile de se plonger dans une lecture… Et puis on peut le ressentir différement suivant notre humeur du moment et notre forme physique.

  12. Pickwick 19 mai

    @ Amélie : on est bien d’accord sur le côté désuet et -fort heureusement – largement daté du récit ! On n’est pas vraiment surprise de ce discours dans les romans d’avant-guerre, la femme n’étant pas douée de raison, c’est une éternelle enfant qu’il faut tenir à sa place, etc. Mais je dois dire qu’ici, j’ai été sensible au fait que Zweig mette en opposition le côté disons réac des bonnes gens et l’ouverture d’esprit du narrateur. Il y a qq chose de moderne. Inversement, c’est presque la femme que j’ai trouvé engoncée dans ses bonnes manières – genre « un homme gît sous la pluie, mais puis-je décemment lui porter secours ? », état d’esprit plutot moqué par Zweig il me semble…
    Et Le Joueur d’échec, un petit plaisir qui ne se refuse pas !

    @ Kikine : « un rdv manqué », l’expression colle parfaitement. Et le recueil Amok est déjà dans ma PAL, mais je choisirai mon moment !

    @ L’Ogresse : un auteur ou un titre qui suscitent des avis contraires, ça me donne tout de suite envie de le lire aussi ! Et je suis passée à côté de celui-ci, mais les autres titres m’avaient ravi.

    @ La plume : c’est exactement ce qui s’est passé je pense, l’humeur et les précédentes lectures ont certainement beaucoup joué…

  13. L’or des chambres 20 mai

    J’ai lue ce livre il y a un petit moment (pas encore eu le temps de faire mon billet) j’ai beaucoup aimée mais cela n’a pas été le coup de coeur auquel je m’attendais ! Le personnage féminin m’a paru un peu démodée (dans ces actes je veux dire)
    Je voulais te signaler aussi qu’il y a une blogueuse qui se rajoute pour notre lecture commune, c’est Lounima
    loumanolit.canalblog.com
    A bientôt

  14. Karine:) 20 mai

    C’est toujours décevant un rendez-vous manqué… si pour ma part, je l’ai beaucoup aimée, cette nouvelle, pour le souffle, les descriptions, je comprends que la vision puisse être d’une autre époque… mais c’est ce que j’aime avec Zweig, perdre mes repères.

  15. keisha 21 mai

    Il y a marie Antoinette ou Marie Stuart.

  16. Pickwick 21 mai

    @ L’or des chambres : je me demande si je n’en attendais pas trop de la part de Zweig, puisqu’il m’avait vraiment charmé jusqu’ici… et je note pour Coeur cousu, merci pour le lien ! J’ai peur de publier mon billet assez tard en revanche (début juin ?) sorry, j’ai vu trop grand !

    @ Karine:) : je crois que je me suis lancée dans cette lecture avec trop d’insouciance… et le fait d’alterner les genres m’a desservi ! Si j’avais lu du XIXe peu avant, mon ressenti n’aurai certainement pas été le même je pense.

    @ Keisha : tiens tiens ! Deux Marie qui m’interessent tout autant. Je viens de voir le film de S. Coppola en plus. Mais là encore c’est une vision très moderne !

  17. Emilie 21 mai

    J’avais aimé la bio qu’il avait écrite sur Marie-Antoinette, sinon j’ai lu Le joueur d’échecs que je mis du temps à « savoir » apprécier. J’ai envie de lire 24h dans la vie d’une femme » mais j’ai peur d’être déçue et ton billet ne me rassures pas ;-)

  18. Manu 22 mai

    Moi, c’est avec le début que j’ai eu du mal, après je me suis plongée dedans et j’ai beaucoup aimé.

  19. céline 25 mai

    J’en garde un très beau souvenir de lecture, dommage qu’il ne t’ai pas séduit ! As-tu lu « La confusion des sentiments » ? Ce titre m’a bouleversée !

  20. Liyah 25 mai

    Pour l’instant je n’ai lu que Le joueur d’échecs de Stefan Zweig que j’avais bien aime ! Le prochain sur la liste c’est La confusion des sentiments ! On verra bien …

  21. Pickwick 25 mai

    @ Emilie : les avis sur « Vingt-quatre heures… » sont souvent très positifs ! C’est moi qui n’ai pas bien choisi mon moment je pense. Et je note Marie-Antoinette, je viens de voir le film de SCoppola, c’est un signe !

    @ Manu : tiens, j’ai vécu un peu l’inverse ! Une fois lancée dans le récit, j’ai commencer à dormir un peu sur les pages… la fatigue peut-etre !

    @ Céline : ah zut, il n’est même pas dans ma PAL… mais je note, je ne refuse pas un petit Zweig !

    @ Liyah : je surveillerai ton avis alors ! Et je garde un très bon souvenir du Joueur d’Echec également !

  22. Choco 27 mai

    Et bien moi je ne te conseille rien du tout car c’est un auteur que je n’ai pas encore lu… oui je sais c’est la honte pour mon métier mais bon y’a tant de bds vachement bien lol !

  23. la ruelle bleue 5 juin

    grand classique de Zweig, adapté au cinéma et aussi au théâtre (de façon magistrale par Catherine Rich récemment, un vrai moment de bonheur).

    as-tu essayé la pitié dangereuse ?

    je trouve que l’écriture de Zweig cultive un charmant paradoxe : allier le côté désuet et suranné d’un récit narratif très vieille Europe bourgeoise du début XXème et le côté universel et intemporel d’une plongée psychologique merveilleusement réussie dans les tréfonds de l’âme humaine…

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