La Ville insoumise, par Jon Fasman 26 avril

Jim, américain à la trentaine bien sonnée, sent qu’il est en train de rater sa vie. Après un échec sentimental, il est rentré travailler dans le petit boui-boui de ses parents. Il boit trop, il joue trop, et, face à une importante dette de jeu, il prend le parti de s’expatrier en Russie – dont il connaît la langue et la culture par ses grands-parents qui ont fui, en leur temps, le régime soviétique. Désormais installé à Moscou, Jim va travailler pour la Fondation de la Mémoire qui s’attache à faire la lumière sur le sombre passé de ce pays.
En dépit de ce qu’annonce le quatrième de couverture, nous ne sommes pas dans un thriller. J’étais pourtant prévenue, mais vu le temps qu’il m’a fallu pour rentrer dans le livre, et le peu de suspens qui s’en dégage, j’ai pu humblement le vérifier par moi-même. Nous sommes plutôt à mi-chemin entre le roman d’espionnage et le roman noir – pour ne pas dire complètement obscur.
L’intrigue m’a semblé gratuitement complexe. Il est d’un côté d’importantes longueurs, et même des chapitres entiers inutiles (et là encore, j’étais prévenue !). Il est de l’autre des explications de texte qui m’ont cruellement manqué. Et ce n’est pas faute d’apprécier les imbrogliami politico-mafieux - auxquels il fallait légitimement s’attendre pour une intrigue située dans la Russie actuelle.
L’auteur a pris le parti de laisser volontairement le lecteur dans le flou sur des personnages et des situations « clés ». Au début, c’est plutôt intriguant. A la longue, cela devient lassant. Et à la fin du roman, c’est carrément frustrant.
Une lecture déroutante, que j’ai failli abandonner à plusieurs reprises, et malgré tout tenue par l’espoir d’une clarification et d’un dénouement salvateur. En vain. La considération portée aux liens entre générations (et par-delà l’hommage rendu aux aïeux), et la description de la Moscou d’aujourd’hui restent les seuls aspects positifs du récit à mes yeux.
La Ville insoumise est un livre-voyageur qui est passé par moi grâce à Keisha que je remercie vivement ! Vous pourrez lire son billet ici, ainsi que celui de Lapinoursinette, et les nombreux avis (pas très positifs !) recensés chez BOB.
Bonne plock à tous !
La ville insoumise (The Unpossessed City), par Jon Fasman (2008), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Madeleine Nasalik, aux éditions du Seuil (2010), 378 p., ISBN 978-2-02-097732-6.




keisha 26 avril
Il est excellent ton billet! Une bonne présentation de Jim, les points faibles (nombreux mais bien recensés et argumentés), les forts, et l’impression qu’il aurait fallu plus pour que tu aies été conquise…
Pickwick 26 avril
@ Keisha : je suis toute rouge ! Merci beaucoup, ton commentaire me fait beaucoup de bien au moral. Finalement, il est vrai que quelques éclaircissements m’auraient aidé à adhèrer davantage. Quel dommage de faire du flou pour du flou…
Alice 27 avril
T’as fait des rimes de ouf’ dans le quatrième paragraphe =)
(Ouais, le bouquin m’intéresse pas)
L’Ogresse 27 avril
Une lecture frustrante, quoi, dommage ca commencait plutot bien…
soukee 27 avril
Mince… Ca arrive d’être déçue, c’est sûr. Bonne prochaine lecture alors !!
Pickwick 27 avril
@ Alice : toi t’as l’oeil
Et oui, non, étrangementn je ne vais pas chercher à te convaincre du contraire !
@ L’Ogresse : exactement, encore un thème interessant mais mal exploité ! Dommage !
Pickwick 27 avril
@ Soukee (dont le comm » a été posté entre-temps !!) : heureusement, ça n’arrive pas trop souvent ! Et la lecture suivante n’en a été que meilleure !
Manu 28 avril
Décidément, ce roman ne suscite que des sentiments mitigés. Je passe mon tour.
Yo 3 mai
c’ est dommage …l’idée à la base semble pas mal!…j,ai lu la bibliothèque du géographe du même auteur qui m’a enthousiasmé… moi qu pensait lire celui-là …hum…je ne sais plus…
Lapinoursinette 9 mai
Décevant cette ville insoumise! Je suis d’accord avec toi, à la fois sur les points négatifs et positifs mais même sur la description de Moscou, j’ai parfois trouvé que ça faisait « rédaction », voire carte postale déglinguée…
Pickwick 10 mai
@ Manu : tant de -bons- livres à lire… c’est sans regret !
@ Yo : je ne suis pas certaine de me lancer dans un autre Fasman… à moins que celui-ci ne soit qu’une erreur de parcours ?
@ Lapinoursinette : tu veux dire une légère tendance à vouloir dépeindre à tout prix le coté « verso » de la carte postale ? Je te rejoints, mais le reste est tellement déplaisant, que j’ai fini par attendre les descriptions du métro moscovite ! C’est dire
!