Bienvenue à Egypt Farm, par Rachel Cusk

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« Egypt Farm est un lieu magique, hors du temps. Depuis l’adolescence, Michael est habité par l’atmosphère enchanteresse du cette famille loufoque et bohème. Le jour où il manque de perdre la vie, il décide de retourner à Egypt Farm, fuyant son existence morose et sa femme dépressive. Mais les années ont passé et, derrière ses illusions de jeunesse, Michael découvre une noirceur insoupçonnée… » (Quatrième de couverture).

N’y allons pas par chemins détournés : cette lecture fût une vraie déception, notamment parce que le menu annoncé par le résumé n’était définitivement pas au rendez-vous.

« Un lieu magique » ? Il ne suffira pas à Rachel Cusk de décréter que Michael conserve une merveilleuse impression de son passage à Egypt Farm pour créer une « atmosphère enchanteresse » censée poursuivre le lecteur… Dans ce premier chapitre de souvenirs, les évocations m’ont semblées fuyantes. A tel point que j’ai attendu d’autres flash-back : je n’envisageais pas une seconde que cette entame allait suffire à mettre en place la trame sur laquelle tout le roman repose. Une attente vaine ; mais ce n’était pas la dernière…

« Une famille loufoque et bohème » ? La famille Hanbury m’a surtout semblé par de nombreux aspects assez ordinaire. Et ses quelques travers bien peu consistants. Une famille recomposée, dans laquelle l’ex et la nouvelle femme s’entendent ou font semblant ? Une famille qui organise des soirées jusqu’au petit jour et qui accueille le tout venant ? Hum… ? Oh, l’adolescente (18 ans quand même) que l’on laisse se faire peindre nue par un artiste de passage ? So what ? Bref, si Michael a trouvé cette famille « très inhabituelle« , de mon côté, je cherche encore.

Rapidement, le roman m’a donc paru assez bancal, car, l’intrigue – si tant est que l’on puisse parler d’intrigue – est construite sur la fuite des illusions. Or, comment ressentir cette rupture entre le souvenir et la réalité, entre l’ordinaire et le particulier, dès lors que les premiers ont été négligés ?

Quant à la « noirceur insoupçonnée« , je ne peux pas expliquer à quel point la déception fut grande sans vendre la fin – décevante donc, mais je radote. Les personnages féminins, plutôt intéressants au départ, tournent à la caricature : Rebecca, la femme rebelle et tourmentée ; Lisa, la femme conformiste et dirigiste ; Caris, la femme assumée et fantasmée…

Plus généralement, la volonté de Rachel Cusk de construire une histoire sur des oppositions m’a semblé virer au manichéisme primaire : gens de la ville contre gens de la campagne, élan artistique contre besoin de normalité, mère envahissante contre mère (ultra) distante, et – ma préférée – amateurs de maisons anciennes contre partisans de constructions récentes. Hum.

Quant au style… pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué ? Des phrases alambiquées mais vides de substance – et difficile de n’y voir qu’une simple maladresse de traduction. Il est certes quelques dialogues (en particulier les affrontements entre les personnages) qui se lisent avec plaisir, mais cela n’a pas suffit à me faire adhérer à une histoire sur laquelle j’ai glissé, j’ai peiné et désespéré de trouver de l’intérêt.

Merci à  47286519 et aux éditions 084e7cdd5e2d0eafdeff599084837.jpgpour ce partenariat !

Bonne plock à tous !

Bienvenue à Egypt Farm (In the Fold), par Rachel Cusk (2005), traduit de l’anglais par Justine de Mazères, aux éditions Points (2010), 287 p., ISBN 978-2-7578-1512-0.



10 commentaires

  1. Gabrielle 22 mars

    Et bien, et bien ! Sûrement pas dans ma PAL celui-là… Beau commentaire quand même, c’est vrai que la quatrième de couverture encense souvent des livres bien ordinaires !

  2. clara 22 mars

    Inutile de te dire que c’est un livre qui ne me tente pas

  3. Pickwick 22 mars

    @ Gabrielle : oui c’est exactement ça : un livre bien ordinaire encensé à tort ! Je me laisse pourtant avoir par les quatrième de couverture enthousiastes, crédule que je suis. Et ma déception est évidemment proportionnelle à mes attentes !

    @ Clara : je crois vraiment qu’il ne mérite pas de grossir une PAL. Et j’ai repéré d’autres avis très négatifs ! Je vais mettre les liens.

  4. L’Ogresse 22 mars

    Message recu 5 sur 5 !

  5. Pickwick 22 mars

    @ L’Ogresse : sans regret, vraiment !!

  6. plaisirsacultiver 22 mars

    j’avais lu « Arlington Park » de Rachel Cusk et il m’avait bien plu. Celui-ci a été écrit avant, peut-être est-il du coup moins bon. Je vais retenter l’expérience avec « Les variations Bradshaw », on verra !

  7. Pickwick 22 mars

    @ Plaisirs à cultiver : j’avoue ne pas être tellement tentée de repartir sur cette auteur… et si tu le souhaites, je t’envoie Egypt Farm pour que tu puisses éventuellement comparer ! S’il s’agit d’une simple « erreur de parcours », je pourrai me laisser tenter de nouveau !

  8. Alice 22 mars

    Voilà qui donne envie.
    Ou pas =D

  9. Manu 24 mars

    J’ai « Arlington Park » dans ma PAL. J’espère ne pas être autant déçue que toi par celui-ci :-/

  10. Pickwick 9 avril

    @ Alice : :) Ben voilà.

    @ Manu : encore une fois, c’est peut-etre une simple « erreur de parcours » de l’auteur ! Mais ce titre là semble faire l’unanimité et pas dans le bon sens !

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