Balzac, le roman de sa vie, par Stefan Zweig

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En voilà un bouquin passionnant.

N’étant pas addict des classiques français du XIXe (et c’est le moins que l’on puisse dire), je l’ai choisi, avant tout, pour l’auteur. Restait le sujet. Alors, un partout, balle au centre ? Non non non ! Croyez-le, ce livre, c’est un plaisir deux-en-un, une double ration, un oeuf en chocolat avec une jolie surprise à l’intérieur. On gagne au grattage et au tirage - démonstration.

Bien sûr, d’abord, c’est Zweig. Est-il encore besoin d’évoquer son écriture fluide et moderne ? Elle se révèle également ici doublée d’une redoutable finesse d’esprit. Démêlant et expliquant à sa manière les comportements et les écrits, publics ou privés, de Balzac, il en fait un récit, sans grande atmosphère certes, mais certainement facile d’accès. Comme s’il avait totalement percé le bonhomme – et même si cela ne se sent pas à la lecture, l’on comprend, rétrospectivement, que ce n’était pas une mince affaire.

Mais ensuite, c’est aussi Balzac, et sa vie faite de coups de force et de coups du sort. Ce « gras plébéien » pour qui rien ne compte plus que la réussite, puis la gloire, puis l’élévation sociale au plus haut rang. A n’importe quel prix. J’ai été littéralement scotché par tant de puissance, d’abnégation et d’ambition réunies en un seul homme. 

Non, Zweig ne s’est pas trompé de sujet ! Balzac ? Un écrivain prodigieux, un homme « trop grand pour haïr« , un personnage dont « les folies (…) ont une particularité typique : en leurs débuts elles sont parfaitement raisonnables« …  

Et plus que tout, chose dingue : je n’ai pas résisté aux « étranges épousailles » entre Balzac et Eva Hanska. Oui, j’avoue, j’ai trouvé tout cela sublime, et sublimement raconté.

Certes, il est des répétitions dans le texte. Mais force est de constater qu’elles sont, le plus souvent, le fait de Balzac lui-même. Ses échecs et ses conquêtes se ressemblent. Le cercle vicieux dans lequel il s’engouffre devient finalement une trame passionnante. Va-t-il en sortir, va-t-il se faire manger, lui, le  »Rabelais moderne » ? 

Puis vient la mort – tout va très vite, trop vite, comme si Zweig ne s’était pas remis de cette fin précipitée, la cinquantaine à peine passée. Et de me dire : déjà ? C’est déjà la fin ? Mince alors ! Heureusement, il me reste à lire du Zweig… et, oui, peut-être, certainement même, du Balzac.

L’avis de Keisha !

Lu dans le cadre du challenge Ich liebe Zweig organisé par Caro[line] et Karine:)

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Je finis ainsi mon premier challenge ! Et même que je ne serai pas contre un peu de rab’ !

Bonne plock à tous !

Balzac, Le roman de sa vie, par Stefan Zweig (1946 – publication posthume), traduit de l’allemand par Fernand Delmas, aux éditions Albin Michel, collection Livre de poche, 495 p., ISBN 978-2-253-13925-6.



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