Les Amours Singulières de W.Somerset Maugham

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Un livre avec le mot « amours » dans le titre ? Non, vous ne rêvez pas, vous êtes bien chez Pickwick ! Mais profitez-en quand même, parce qu’il en aura fallu, des arguments, pour me convaincre…

Tout d’abord, l‘adjectif  »singulières », amateur comme je le suis des choses un peu décalées, il n’en fallait pas moins. Ensuite, le quatrième de couverture, mentionnant que Somerset Maugham a été loué en son temps par ses pairs - George Orwell, Graham Greene ou Raymond Chandler… quand même.

Enfin et surtout les swats auxquels je suis convié  – mes premiers Swats ! Le Swat Holmes et le Lady Swat - pour lesquels j’ai décidé de me préparer comme il faut en me plongeant dans la littérature britannique « classique » (en tout cas, plus classique que Jasper Fforde ou Tom Sharpe, allons bon !). Autant dire que je reviens de loin, et que ce petit recueil de nouvelles, sept au total, est vraiment tombé à pic.

Somerset Maugham nous confie ici, sur le réjouissant mode de l’anecdote, les petits drames qui ont bousculé la haute société britannique au début du XXe siècle. 

Les personnages sont gentiment moqués pour leurs nostalgies des grandes heures victoriennes (Un chiffre rond, Le facteur humain) et leur hypocrisie sans faille (Jane, Vertu, Le pain de l’exil). L’auteur – et narrateur - semble tant railler que regretter cette époque révolue des salons rococos, des hôtels avec chasseurs et du respect des convenances à toute épreuve – ou presque.

L’écriture est travaillée. Dans le style d’abord : élégant, même un chouïa précieux ; dans le récit ensuite : la trame est finement tricotée et les « chutes » – nouvelle oblige – sont souvent savoureuses. 

Mon coup de coeur ? Les sublimes descriptions, des lieux, des personnages, des atmosphères… l’auteur a un vrai don pour faire naître une foultitude d’images ou de tableaux. J’ai été transporté, vraiment.

Mon coup de colère ? J‘ai parfois été exaspéré par le côté rétrograde, pour ne pas dire archaïque, du bonhomme. Les passages sur « le manque de réserve dont les femmes font preuve dans leur affaires de coeur » ou sur le fait que ce sont « en général les épouses qui créent les difficultés«  feront au mieux rire jaune… bien jaune.

Du charme donc, mais du charme désuet assurément. De quoi réjouir les amateurs du genre donc, mais pourquoi pas au-delà ?

Bonne plock à tous !

Amours singulières (First Person Singular) par W. Somerset Maugham, recueil de nouvelles comprenant : Jane (Jane), Un Chiffre rond (The Round Dozen), L’élan créateur (The Creative Impulse), Le Facteur humain (The Human Element), Vertu (Virtue), Le pain de l’exil (The Alien Corn), L’occasion manquée (The Door of Opportunity), traduites de l’anglais par Jean-Claude Amalric, Joseph Dobrinsky et Jacky Martin, aux éditions 10-18, 316 p., ISBN 2-264-02192-6.

 



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