Wilt par Tom Sharpe, ou la loi des titres

Tom Sharpe étant jubilatoire à souhait, il a trouvé tout naturellement sa place dans le merveilleux monde de Pickwick. Une énorme farce sur fond de critique sociale, voilà qui ne pouvait mieux tomber.

Wilt est assez détestable comme type, à la base. Alors bien évidemment, on ne peux s’empêcher de l’apprécier. Pensez-vous, un anti-héros de premier choix : dégonflé, dépassé, un peu minable et totalement dévoué à sa sacro-sainte bibine. Doux-dingue donc, mais pas dénué de qualités ; non-conformiste, acerbe, flegmatique… et pas bête avec ça. Ou si peu.

Le style et surtout les évènements sont heureusement à la hauteur du personnage. Wilt est embarqué dans des histoires totalement improbables ? Tant mieux : plus c’est gros, plus on jubile. Mais où l’auteur est-il allé chercher des histoires pareilles ? Ce n’est plus de la trouvaille, c’est de la prospection de haut vol.

On pourra bien me souffler que je m’arrête à des détails… mais, une fois encore, les titres (oui bon sous-titres que ça chipote) en disent long sur ce qui vous attend ! La preuve par quatre.

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Wilt 1 : Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore. Attention, génie (de la poilade au moins). Wilt décide de tuer sa femme. Il faut dire que l’on a vu des envies de meurtre pour moins que ça. Pour répéter le crime parfait, une poupée gonflable fera bien l’affaire… Impossible d’en dire plus entre deux crises de rire.

Wlt 2 : Comment se débarrasser d’un crocodile, de terroristes et d’une jeune fille au pair.  Comme si cela ne suffisait pas que Wilt soit affublé d’un boulot impossible et d’une bonne femme ingérable, il hérite de quadruplés et d’une prise d’otage. Toujours très drôle, mais je reste un chouïa sur ma faim. Peut-être en attendais-je trop de ce bon Sharpe ?

Wilt 3 : Wilt prend son pied. Mouais…. auteur en légère panne d’inspiration ? Ce n’est pourtant pas faute d’intrigues totalement rocambolesques, à la limite de l’indigestion. Certes, je ne boude pas mon plaisir, les militaires en prennent pour leur grade, les « militants-moutons » aussi, les flics encore et toujours et mieux encore. Mais bon, comment dire… « pas inoubliable » fera l’affaire. 

Wilt 4 : Comment échapper à sa femme et à ses quadruplés en épousant une théorie marxiste. Toujours aussi loufoque. Le transport de l’intrigue dans l’Angleterre profonde et aux États-Unis a du bon. Notre non-héros remonte la pente… mais je n’atteindrais jamais le niveau de fous rires provoqué par le premier tome. Cela dit, la barre était placée très haut !

Oh, avant d’oublier : jetez un oeil sur Photo-folle, qui non seulement a écrit un excellent billet sur Wilt (1), mais qui nous offre en prime une superbe photo !

Bonne plock à tous !

 

Wilt 1 (Wilt), par Tom Sharpe (1976), traduit de l’anglais par François Dupuigrenet-Desroussilles, aux éditions 10-18, collection « Domaine étranger », 289 p., ISBN 2-264-04243-5.

Wilt 2 (Wilt Alternative), par Tom Sharpe (1979), traduit de l’anglais par Christine Guérin, aux éditions 10-18, collection « Domaine étranger », 317 p., ISBN 2-264-04244-3.

Wilt 3 (Wilt on High), par Tom Sharpe (1984), traduit de l’anglais par Henri Loing, aux éditions 10-18, collection « Domaine étranger », 381 p., ISBN 2-264-04245-1.

Wilt 4 (Wilt in Nowhere), par Tom Sharpe (2004), traduit de l’anglais par Christiane et David Ellis, aux éditions 10-18, collection « Domaine étranger », 256 p., ISBN 2-264-04368-9.



11 commentaires

  1. plaisirsacultiver 9 février

    Bonjour Pickwick, Je découvre ton blog grâce à Lou et je viens de voir ton commentaire sur son blog à propos du swap. Il ne faut pas avoir peur de ne pas être à la hauteur, un swap est fait pour s’amuser avant tout !En plus c’est vraiment l’occasion de découvrir ces écrivaines, et avec le nom de ton blog je présume que tu aimes l’Angleterre ! N’hésite pas à nous rejoindre !

  2. Pickwick 9 février

    Merci beaucoup pour ton message qui me va droit au coeur. C’est vrai que je suis accro à la littérature britannique… Je crois que tu vas réussir à me convaincre !

  3. Caro[line] 9 février

    Voilà un auteur que je ne connais pas mais dont j’ai pas mal entendu parler. Un jour, si je me décidé à lâcher Stefan, je le lirai… ;-)

  4. plaisirsacultiver 9 février

    Super Pickwick, je suis contente (moi c’est Titine), est-ce que tu peux juste nous envoyer un mail pour que nous puissions avoir ton adresse ? Merci beaucoup, j’espère que tu ne seras pas déçue par ce swap!

  5. Pickwick 9 février

    @ Caro[line] : abandonner Stefan ? Tu n’y pense pas sérieusement j’espère ! Blague à part, Tom Sharpe relève vraiment de la lecture légère, plaisante, idéale entre deux livres plus graves. Comme après « Native Son » que je viens de finir, j’ai envie de m’y replonger.

    @ Titine : merci encore pour tes encouragements ! Il y a peu de chances pour que je sois déçue, j’espère que surtout être à la hauteur ;)

  6. Héloise 9 février

    J’ai beaucoup aimé aussi la série des Wilt… humour décalé et situations abracadabrantesques à souhait !

  7. Laurence 9 février

    Pour ma part, j’ai tellement apprécié ce livre, qu’effectivement, j’en ai fait l’apologie sur mon p’tit blog. Je pense que tu as vraiment tout dit sur l’univers de ce Wilt, et fort bien ! C’est vrai que je n’ai pas lu les 3 autres, et même si tu as l’air de les avoir trouvés un peu moins bons (comme tu dis, la barre est quand même vraiment haute dans le 1er !), je vais quand même les lire, quand j’arriverai à les trouver dans mon Italie …

    Dans tous les cas, le tomme 1 est vivement conseillé, je confirme !

  8. Pickwick 9 février

    @ Héloise : exactement ! Je vais maintenant voir si Sharpe nous a réservé de bonnes surprises dans ses autres romans (Porterhouse, ou Fumiers et Cie, ou Mêlée ouverte au Zoulouland… j’hésite, j’hésite…)

    @ Laurence : merci beaucoup… J’espère sincèrement que ton illustration de Wilt, vraiment épatante, sera l’occasion pour certains de découvrir tes talents de photographe et plus encore ! Quant aux 3 autres tomes des Wilt, à lire quand on a besoin d’un « truc léger » il me semble !

  9. Daniel Fattore 9 février

    Ah, les Wilt, c’est ENORME!!! L’auteur s’est également aventuré, avec bonheur, dans les milieux universitaires avec les « Porterhouse », différents mais non moins glorieux.

    A noter qu’il existe une adaptation en BD d’un des Wilt.

    @Caro[line]: fonce!

  10. Pickwick 9 février

    Une adaptation BD des Wilt ??? Effectivement, après avoir fureté dans les recoins du Net, j’ai trouvé un lien !

    Bande Dessinée Wilt 1

    Merci beaucoup pour l’info Daniel !!

  11. bambi_slaughter 12 avril

    Cette série me tente beaucoup, faudra y penser au prochain achat ou emprunt en masse. Pour l’été, ça doit être parfait ^^

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